Chapitre 1 : Une vision de la petite enfance pour l’Ontario


Je ne suis pas riche et j’ai toujours eu trop de travail à faire. Mais, il y a quelques années, mes enfants ont pu avoir des journées complètes d’apprentissage. Cela a beaucoup aidé mes fils à développer leurs capacités et leur confiance. Dites au premier ministre que c’est une bonne chose que tous les citoyens de l’Ontario puissent aussi avoir cette possibilité pour leurs enfants.

Un parent, North Bay


J’écoute depuis plus d’un an les commentaires de parents tels que celui dont je rapporte les propos sur la page précédente. J’ai appris qu’un nombre incalculable d'Ontariens s’intéressent à l'apprentissage des jeunes enfants et au soutien pour les familles. Ils savent que les expériences de la petite enfance ont une incidence permanente sur toute la vie. Et ils veulent que l’Ontario soit un chef de file pour ce qui est de veiller à ce que tous nos enfants connaissent le meilleur départ possible dans la vie.

C’est ce que je souhaite aussi. En qualité de conseiller spécial en apprentissage des jeunes enfants auprès du premier ministre Dalton McGuinty, on m’a demandé de formuler des recommandations à l'égard de ce qui suit :

  • la meilleure méthode pour mettre en place l’apprentissage à temps plein pour les enfants de quatre et cinq ans;
  • les façons de réinvestir et de rediriger les ressources à partir de cette initiative;
  • les moyens de tirer profit du succès de la stratégie Meilleur départ de l’Ontario pour mettre en place un système complet, continu et intégré pour les enfants de la naissance à 12 ans et leurs familles.

Nous sommes tous conscients du fait que les économies et les sociétés prospères de l’avenir seront celles qui sont les mieux instruites et les plus novatrices. Nous devons faire de nos enfants des penseurs et des auteurs créatifs de solutions. Nous devons en faire des citoyens compatissants, engagés et instruits qui prospéreront dans une société diversifiée. Nous devons leur insuffler la confiance nécessaire pour se lancer à la conquête du monde.

Pour ce faire, nous devons nous doter du meilleur système d’éducation du monde. L’Ontario est sur la bonne voie, mais il y a du travail à faire au chapitre de l’apprentissage des jeunes enfants. Le tableau suivant montre que le Canada obtient constamment une cote faible lors des évaluations internationales des services d’apprentissage des jeunes enfants et des services de garde. Nous possédons certes d’excellents programmes, dispensés par des personnes talentueuses et dévouées, mais ces programmes fonctionnent trop souvent en vases clos. Nous laissons aux familles la tâche de combler les écarts, d’éviter les chevauchements et de se frayer un chemin, lorsqu’elles le peuvent. Trop souvent, la mosaïque actuelle de services offerts aux enfants d’âge préscolaire ne répond pas aux meilleurs intérêts de nos enfants, engendre des frustrations chez les familles et les éducateurs et constitue un gaspillage de ressources.

Le résultat? Plus du quart des enfants entrent en première année en accusant un retard important sur leurs pairs1. Un trop grand nombre d’entre eux ne rattrapent jamais ce retard et finissent par adopter un comportement perturbateur en classe, ne terminent pas leurs études et ne sont pas en mesure de participer entièrement à la société et de contribuer à celle-ci. Un trop grand nombre d’entre eux finissent par mener une vie de misère, ce qui est néfaste pour eux et pour les autres. Bien que nos écoles travaillent assidûment pour aider ces enfants à rattraper leur retard, les recherches ont montré qu’il est plus difficile et plus coûteux d’intervenir plus tard que de répondre aux besoins de l’enfant dès la petite enfance. Et bon nombre d’enfants qui obtiennent des résultats scolaires satisfaisants pourraient faire mieux... bien mieux.

En imaginant un avenir encore meilleur pour notre remarquable province, il apparaît clair que l’échec scolaire, la pauvreté infantile, la violence chez les jeunes et les attentes non satisfaites des Néo-Canadiens et de leurs enfants constituent des entraves à notre prospérité à tous.

La chose la plus sensée que nous puissions faire maintenant – pour contribuer de façon substantielle à l’avenir de l’Ontario – consiste à nous assurer que tous les enfants de la province aient les mêmes chances de réussir à l’école, deviennent des apprenants permanents et poursuivent leurs rêves. Notre meilleur avenir en dépend!

Nombre de seuils-repères atteints par pays
en matière d’apprentissage préscolaire
et de garde d’enfants : UNICEF 20082

Suède 10
Islande 9
Danemark 8
Norvège 7
France 6
Royaume-Uni 5
Allemagne 4
Japon 3
États-Unis 2
Canada 1

Pour tirer pleinement parti de l’apprentissage à temps plein des jeunes enfants de quatre et cinq ans, nous devons trouver une solution à l’assortiment désorganisé de services à l’enfance et à la famille qui existe actuellement dans nos collectivités. L’ajout d’un nouveau programme à cette toile de problèmes non résolus serait inefficace et onéreux. Nous devons remplacer ce fouillis de programmes pour les enfants par un système de services à l’enfance et à la famille qui comble les écarts et qui offre un continuum de services aux enfants de la naissance à l’âge de douze ans.

Un bon départ dès les premières années de vie et tout au long du parcours scolaire revêt une grande importance. À la naissance, les enfants sont remarquablement semblables, mais dès quatre ans, les écarts sont déjà importants. En négligeant de répondre aux besoins de nos plus jeunes apprenants et de leurs parents, nous risquons de miner les bénéfices de nos investissements dans l’apprentissage à temps plein. Et si nous ne faisons pas fructifier les acquis réalisés dans le groupe des enfants de quatre et cinq ans lorsque ceux-ci entrent à l’école primaire, ces acquis s’appauvriront probablement.

Notre meilleur avenir est un avenir dans lequel tous nos enfants sont :

  • en santé et en sécurité;
  • affectivement et socialement compétents;
  • des apprenants avides, confiants et obtenant de bons résultats;
  • respectueux de la diversité chez leurs pairs.

Le système que je propose créerait des conditions propices à une progression importante vers la réalisation de cette image universelle de nos enfants… et d’un avenir où chaque enfant peut aspirer à toutes les possibilités.

  • Chaque enfant ontarien qui atteint l’âge de quatre ans au cours de l’année civile aurait le droit de fréquenter pendant deux années scolaires un Programme d’apprentissage des jeunes enfants à temps plein assuré par les conseils scolaires.
  • Les parents pourraient opter pour une programmation prolongée avant et après la journée et l’année d’école, non pas comme complément, mais dans le cadre du Programme d’apprentissage des jeunes enfants.
  • La programmation prolongée à l’intention des enfants du primaire âgés de six à huit ans et les programmes d’activités parascolaires (p. ex., les sports, les arts et les communications) visant les enfants de neuf à douze ans seraient offerts par les conseils scolaires à la demande d’au moins 15 familles d’une même école.
  • Les parents ne paieraient que la programmation prolongée de la journée ou de l’année.
  • Les programmes à l’intention des enfants et de leur famille, assurés maintenant par plusieurs fournisseurs sous divers auspices, seraient intégrés à des centres Meilleur départ pour l’enfance et la famille et gérés par un seul système municipal. Ces centres offriraient :
    • des options souples d’apprentissage et de garde à temps plein ou pendant toute l’année pour les enfants jusqu’à l’âge de quatre ans;
    • de l’information et du soutien prénatals et postnatals;
    • des programmes de soutien aux parents et à la famille, y compris des visites à domicile, des programmes de littératie à l’intention des familles, et des groupes de jeux;
    • des programmes et du counseling en matière de nutrition;
    • des ressources pour le dépistage et l’intervention précoces;
    • des liaisons avec des services d’intervention pour répondre aux besoins particuliers et des ressources communautaires, par exemple les bibliothèques, les centres de loisirs et communautaires, les soins de santé, le counseling familial, le logement, les services linguistiques, ainsi que les services d’emploi et de formation.
  • Et lorsque tout cela sera en place, les parents auraient droit à un prolongement du congé parental jusqu’à concurrence de 400 jours à la suite de la naissance ou de l’adoption d’un enfant, ce qui permettra à un plus grand nombre de parents d’éviter de recourir à des services coûteux de garde et de rester à la maison avec leur bébé pendant la période critique du développement au cours de laquelle les liens parent-nourrisson se créent.

Ce modèle complet applique la logique, les pratiques exemplaires et les données probantes à nos modes de structure, de gestion, de prestation des services à l’enfance et de reddition de comptes sur ces services. Il reflète ce que des milliers de parents et de praticiens m’ont dit, à savoir qu’il conviendrait d’exploiter efficacement les installations et les ressources dont nous disposons, d’éliminer les chevauchements administratifs et de répondre aux besoins des familles modernes dans l’intérêt de nos enfants.

Lorsque ce modèle sera entièrement mis en œuvre, toutes nos écoles élémentaires seront de véritables carrefours communautaires pour les enfants et leurs familles. Un supplément de 227 000 enfants de quatre et cinq ans auront accès à l’apprentissage à temps plein. Plusieurs milliers d’enfants de quatre à douze ans pourront participer à des programmes de jour prolongés moyennant des coûts plus abordables pour un beaucoup plus grand nombre de parents.

Nos plus jeunes apprenants et leurs familles pourront jouir d’un soutien prénatal et postnatal, de groupes de jeux, de ressources à l’intention des parents et de possibilités accrues souples d’apprentissage des jeunes enfants/de garde, le tout dans les guichets uniques que sont les centres Meilleur départ pour l’enfance et la famille. Et dans un avenir pas trop lointain, j’entrevois un plus grand nombre de parents recourir à ces centres pour renforcer leur attachement à leur nouveau bébé au cours des congés parentaux prolongés.

Le nouveau système serait élaboré en vertu d’un cadre stratégique sur la petite enfance et dirigé par une nouvelle Division de la petite enfance au sein du ministère de l’Éducation, qui assurerait un leadership général, une orientation et une meilleure reddition de comptes.

Le plan de mise en œuvre que je propose pour l’apprentissage à temps plein débute en 2010-2011. Dans les cinq années suivant la mise en œuvre complète, nous pourrons nous attendre à constater une amélioration importante du nombre d’enfants ontariens qui entreront en première année dotés des habiletés cognitives, sociales, affectives et physiques nécessaires pour réussir.

Avec le temps, nous pouvons également nous attendre à ce que ces résultats continuent de se multiplier et de s’accumuler à mesure que les enfants, aujourd’hui et dans l’avenir, progressent dans le système scolaire avec de meilleurs résultats et un degré de bien-être supérieur.
Nous pourrons constater :

  • une amélioration des résultats provinciaux en 3e et en 6e année en matière de littératie et de numératie;
  • un meilleur pourcentage d’obtention du diplôme d’études secondaires;
  • des pourcentages plus élevés de poursuite des études postsecondaires et de meilleurs taux de réussite;
  • le dépistage plus précoce des difficultés chez les enfants et une intervention plus rapide à cet égard;
  • un bien-être accru chez les enfants de douze ans, y compris une meilleure santé physique et une meilleure résilience;
  • une réduction de la violence chez les jeunes et de la pauvreté familiale.

Par conséquent, les contribuables de l’Ontario pourront constater clairement la rentabilité de notre investissement dans l’apprentissage des jeunes enfants.

Tenir compte des intérêts et des préoccupations des Autochtones

Les intérêts et les préoccupations des peuples autochtones sont mis en évidence tout au long du présent rapport. Bien que l’efficacité des programmes d’apprentissage des jeunes enfants soit importante pour tous les enfants, elle revêt une importance particulière pour les peuples autochtones (les peuples autochtones comprennent les Premières nations, les Inuits, les Métis et les peuples autochtones de fait).

Dans le cadre d’un volet clé de mon enquête, j’ai rencontré la First Nations Education Coordination Unit des Chiefs of Ontario, j’ai organisé des tables rondes avec des Autochtones, je me suis entretenu individuellement avec des leaders et des praticiens autochtones et je me suis rendu dans des centres d’apprentissage situés dans les réserves et à l’extérieur de celles-ci, en milieu urbain et rural. Je me suis efforcé de veiller à ce que mon approche touche un éventail de personnes autochtones, notamment des leaders, des aînés, des éducateurs et des parents. Selon le ministère de l’Éducation, plus de 50 000 élèves autochtones fréquentent les écoles élémentaires et secondaires financées par la province, y compris 5 000 enfants qui vivent dans des collectivités de Premières nations, mais qui fréquentent les écoles ontariennes en vertu d’ententes sur les frais de scolarité3. La plupart d’entre eux appartiennent aux Premières nations ou aux Métis, et environ 600 élèves sont inuits.

La mise en oeuvre de l’apprentissage à temps plein pour les enfants de quatre et cinq ans doit tenir compte des préoccupations particulières des collectivités autochtones. Celles-ci sont aux prises avec des luttes particulières, notamment en ce qui concerne les conséquences dévastatrices d’un éventail d’initiatives, comme les pensionnats dont l’héritage continue de miner leurs familles et leurs collectivités. Plusieurs personnes ont mentionné que l’avenir des peuples autochtones dépend du développement de leurs plus jeunes enfants. Un éducateur ojibway a dit :

Il est facile de dire que nos enfants sont notre avenir. Mais la plus grande vérité est que l’enseignement de l’amour d’apprendre à nos petits est le moyen qu’emploie le Créateur pour nous aider à transmettre nos traditions et pour aider les futures générations à jouir d’un avenir plus prospère et plus sain.

Plusieurs rapports ont mis en évidence la santé des collectivités autochtones, le nombre important de jeunes qui ne terminent pas leur secondaire et les difficultés particulières associées à la vie dans la pauvreté. J’ai volontairement décidé de laisser le soin à ces rapports d’aborder ces sujets et de me concentrer sur les possibilités apportées par l’apprentissage à temps plein (voir les références dans le document Early Learning: An Updated and Annotated Summary of Evidence).

Développer nos forces

L’Ontario ne manque pas de pratiques exemplaires de son cru. Notre secteur communautaire dynamique a trouvé des façons novatrices de servir les enfants et leurs parents.

Nous avons l’avantage de posséder des décennies d’expérience au niveau du jardin d’enfants et de la maternelle. Plus de 90 pour cent des enfants de quatre et cinq ans fréquentent le jardin d’enfants au moins à temps partiel. L’Ontario possède d’excellents établissements d’enseignement postsecondaire ayant des capacités supérieures pour former nos éducateurs. Le gouvernement a réduit la taille des classes dans les écoles primaires, y compris dans les jardins d’enfants et à la maternelle. L’accent mis sur la littératie et la numératie dans les écoles produit d’excellents résultats dans les premières années d’école.

Nous avons fait un excellent travail en ce qui concerne l’élaboration de nouveaux programmes d’enseignement pour la petite enfance. La province s’est également fixé des objectifs ambitieux pour réduire la pauvreté infantile4. La Stratégie ontarienne de réduction de la pauvreté s’ajoute à la Prestation ontarienne pour enfants et à d’autres initiatives.

La transformation étape par étape que je propose se fonde sur cette excellente base de services pour exploiter de façon beaucoup plus efficace les ressources existantes et pour déterminer les nouveaux investissements qui s’imposent pour mieux servir les enfants et leurs familles.

Lecture du présent rapport

Même si ce rapport s’adresse principalement au premier ministre et aux nombreuses personnes qui participeront à la mise en œuvre des recommandations qu’il contient, il est également rédigé en tenant compte des parents ontariens – comme le premier ministre lui­même, comme moi, ainsi que comme les millions d’autres parents qui honorent leurs enfants tous les jours en leur offrant amour, soutien et espoir pour leur avenir. Lorsque j’utilise le terme « parent », je ne parle pas seulement des parents biologiques ou adoptifs, mais également de toutes les personnes qui s’identifient aux parents en assumant la responsabilité des soins et du bien-être d’un enfant. Ce sont notamment, les membres de la famille élargie, les familles de même sexe, les familles reconstituées et les frères et sœurs plus âgés qui agissent à titre de tuteurs.

Ce rapport axé sur la mise en œuvre traite des éléments importants nécessaires à l’édification d’un nouveau système de services à l’enfance et à la famille pour l’Ontario.

Le chapitre 2 présente un bref survol des données sur lesquelles se fondent mes conclusions. Un examen approfondi de la recherche est présenté dans un document d’accompagnement intitulé Sommaire de la preuve mis à jour et annoté. Les références aux constatations présentées dans mon rapport sont contenues dans ce document et peuvent être téléchargées du site Web Conseiller en apprentissage préscolaire – Ontario à l’adresse www.ontario.ca/apprentissagedesjeunesenfants.

Le chapitre 3 expose la méthode de mise en œuvre du nouveau système, notamment le leadership nécessaire, la structure et le curriculum du programme d’enseignement préscolaire, la dotation en personnel, l’engagement parental, le suivi et le compte rendu des progrès des enfants et la planification communautaire. Le curriculum du Programme d’apprentissage des jeunes enfants est un autre document d’accompagnement important abordé au point 3.2. Il sera disponible prochainement à l’adresse www.ontario.ca/apprentissagedesjeunesenfants.

Le chapitre 4 est consacré au financement et le chapitre 5 aux critères de réussite de la mise en œuvre et au calendrier d’exécution. Les chapitres 3, 4 et 5 contiennent des recommandations qui doivent être lues comme un ensemble intégré et intégrant. Ce sont des parties interdépendantes d’un plan visant un changement systémique. Les notes présentées à la fin du rapport fournissent des précisions.

Écouter et apprendre

Afin de pouvoir rédiger ce rapport, j’ai cherché et obtenu les meilleures connaissances, les meilleurs conseils et la meilleure expérience possibles. J’ai rencontré de grands et de petits groupes aux quatre coins de la province, de Windsor et London à Trenton et Ottawa, de Thunder Bay à Fort Frances en passant par North Bay et Timiskaming, de Toronto et Niagara à Webequie et Sandy Lake (deux réserves des Premières nations situées dans le Grand Nord).

Je me suis entretenu avec un nombre incalculable de parents et de gens qui sont aux premières lignes des services dans les écoles, les programmes d’aide à la famille, les centres de la petite enfance et les organismes de santé publique; avec des dirigeants communautaires, municipaux, de services d’intervention et de conseils scolaires; avec des représentants de communautés autochtones, de regroupements de travailleurs, d’économistes et de dirigeants d’entreprise, entre autres. J’ai observé des praticiens extraordinaires à l’oeuvre afin de constater moi-même la différence incroyable qu’ils font dans la vie des enfants et de leurs familles. J’ai consulté des experts dans d’autres provinces du Canada et en Europe.

Le site Web créé pour favoriser la compréhension et inciter le dialogue a enregistré près de 13 000 visites et j’ai reçu plus de 2 300 mémoires et plus de 2 000 courriels et appels téléphoniques. J’ai été en contact avec près de 700 organismes de l’Ontario et j’ai examiné une foule de documents de recherche.

J’ai mené 83 tables rondes communautaires partout en Ontario. Chacune représentait un regroupement diversifié de parents, d’éducateurs et d’autres parties intéressées. J’ai invité les participants à me communiquer d’autres idées ou préoccupations. Au total, près de 3 500 personnes ont pris part à ces tables rondes, et 24 pour cent d’entre elles y ont donné suite au moins une fois en envoyant des courriels personnels. Toutes ces activités ont constitué un nombre remarquable de moments d’apprentissage mémorables, y compris le témoignage de sagesse d’un aîné autochtone du fin fond du Nord de notre province, une causerie dans un café avec des nouvelles mamans et un cercle de discussion avec des enfants de quatre et cinq ans qui m’ont dit avec candeur et sans gêne ce qui leur importe.

Notre meilleur avenir

L’ensemble de l’Ontario bénéficiera du fait que davantage d’enfants réussiront mieux à l’école, feront d’excellentes carrières, auront des enfants et contribueront à notre prospérité économique et à notre cohésion sociale.

L’Ontario tout entier sera gagnant lorsque nous pourrons affirmer que notre système d’apprentissage des jeunes enfants l’a aidé à vaincre la pauvreté infantile et à faire campagne contre la violence chez les jeunes.

Il nous faut de la volonté et des compétences pour amener l’Ontario vers un système de services à l’enfance et à la famille intégré et complet. Nous avons besoin de l’appui de tous les partis politiques et des gouvernements qui se succéderont à long terme. Nous apprendrons tous en cours de route comment améliorer chaque jour les programmes pour les enfants et leurs familles.

Volonté et compétences, progrès et amélioration... dans l’optique de notre meilleur avenir.


Lettre d’accompagnement

Chapitre 1 : Une vision de la petite enfance pour l’Ontario

Chapitre 2 : Bref survol des données et des éléments probants

Chapitre 3 : L’apprentissage à temps plein : abandonner les mesures disparates

Chapitre 4 : Financer notre meilleur avenir

Chapitre 5: De la parole au geste

La pluralité derrière la paternité de ce rapport

Recommandations


Notes

1 Les différentes évaluations indiquent qu’en Ontario, 27 pour cent des enfants (le pourcentage est similaire dans l’ensemble du Canada) sont vulnérables à leur arrivée en 1re année – ils ont des problèmes d'apprentissage, de santé et de comportement susceptibles d’entraver leur réussite scolaire et leur capacité de s’entendre avec les autres. Par exemple, voir :

Janus, M. (2006). Measuring community early child development. CAP Journal, 14 (3), p. 12-14.

Lloyd, J., et Hertzman, C. (2008). From EDI to FSA: Longitudinal analysis with linked population data. Dans J. Lloyd (éd.), Bringing It Together. Ottawa, ON: Early Childhood Learning Knowledge Centre, Conseil canadien sur l’apprentissage.
Kershaw, P., Irwin, L., Trafford, K. et Hertzman, C. (2006). The British Columbia Atlas of Child Development (1re éd.). Vancouver, BC: Human Early Learning Partnership, University of British Columbia.

Willms, J.D. (éd.). (2002). Vulnerable Children. Edmonton, AB: University of Alberta Press.

Ce pourcentage est beaucoup plus élevé dans certaines collectivités. De nombreuses familles et collectivités doivent surmonter des obstacles sociaux (p. ex., la pauvreté, des difficultés sur le plan de l’emploi, les conditions de vie transitoires, les problèmes de santé de parents, la situation ethnoculturelle, raciale ou linguistique et le manque de temps et de ressources) qui empêchent d’apporter aux enfants le soutien requis pour assurer leur développement optimal dès le plus jeune âge. Bien que les enfants confrontés à ces obstacles soient davantage susceptibles d’éprouver des problèmes, il existe des enfants vulnérables à tous les paliers de l’échelle socioéconomique.

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2 UNICEF. (2008). The Child Care Transition, Innocenti Report Card 8, 2008. Florence: UNICEF Innocenti Research Centre.

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3 Bureau de l’éducation des Autochtones, ministère de l’Éducation (2007). Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières nations, des Métis et des Inuits. Toronto (ON). Imprimeur de la Reine pour l’Ontario. Adresse Web : http://www.edu.gov.on.ca/fre/aboriginal/fnmiframeworkf.pdf.

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4 Ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse (2008). Rompre le cycle : Stratégie de réduction de la pauvreté de l’Ontario. Toronto (ON). Gouvernement de l’Ontario.

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