Contexte

Tout comme les engins d’incendie terrestres, l’exploitation d’un navire maritime présente des contraintes et des défis particuliers. Les navires peuvent également être polyvalents et conçus pour :

  • la lutte contre les incendies
  • le sauvetage
  • les interventions médicales d’urgence
  • le transport de patients
  • une combinaison de ces fonctions

Contrairement aux engins d’incendie terrestres, les navires doivent également être conçus en fonction des caractéristiques de l’eau dans laquelle ils sont susceptibles d’être utilisés. Lorsqu’un service d’incendie envisage de mettre en place des opérations maritimes, il est primordial de choisir le bon navire. Pour ce faire, le service d’incendie doit réaliser une analyse des besoins, comme indiqué au chapitre 4.2 de la norme NFPA 1925. Le choix du navire doit également inclure l’équipement nécessaire pour remplir les fonctions requises.

Une formation spécifique au navire et aux conditions d’intervention est essentielle, car des pompiers canadiens ont perdu la vie en tentant d’effectuer des opérations de sauvetage pour lesquelles le navire n’était pas conçu, en raison de conditions météorologiques et aquatiques défavorables. Les enquêtes ont mis en évidence le manque de formation à ces conditions comme l’un des principaux facteurs ayant contribué à ces décès.

Au Canada, la Loi sur la marine marchande du Canada et ses règlements (Règlement sur les petits bâtiments) régissent bon nombre des exigences applicables aux navires. La plupart des lois dépendent de la taille du navire et, dans certains cas, de son propriétaire. La législation peut régir les communications, la navigation, la formation et les qualifications requises des équipages, ainsi que l’équipement de sécurité nécessaire pour l’équipage et les passagers. Comme les conseils municipaux fixent le niveau de service de leur service d’incendie par le biais de leur règlement d’établissement et de réglementation, ils doivent comprendre les avantages et les risques que cela comporte.

Les services d’incendie doivent disposer de politiques et de procédures qui tiennent compte du caractère unique de leurs navires, de leur équipage et de leur formation afin de pouvoir intervenir sur leurs voies navigables en gardant à l’esprit que les impacts environnementaux négatifs peuvent limiter, voire suspendre, leurs opérations.

Préoccupations et dangers

Contrairement aux opérations de lutte contre les incendies terrestres, les opérations maritimes ne disposent pas d’une « base solide » et sont affectées par l’eau et des facteurs environnementaux qui changent à tout moment, ce qui rend les opérations extrêmement dangereuses. Comme indiqué précédemment, dans les opérations maritimes, la première étape consiste à sélectionner la conception et les capacités du navire en fonction de la nature probable des interventions.

Dans l’eau, le centre de gravité bas doit être géré de manière appropriée. Comme un navire opère souvent dans des conditions météorologiques et aquatiques défavorables, il est important de s’assurer que ses technologies et ses systèmes de navigation sont adaptés à l’intervention, tels que le radar, le sonar, la sonde de profondeur, la cartographie, le GPS et les radios.

Les exigences en matière de formation des opérateurs et de l’équipage ainsi que les limites raisonnables des opérations du navire doivent être définies afin de garantir la sécurité de tous. Le fait de ne pas tenir compte des dangers peut entraîner des blessures ou la mort d’un pompier et des personnes que l’on tente de secourir.

Mesures devant être prises par les employeurs

Les employeurs doivent :

  • Une fois le navire acheté, ils doivent s’assurer que toutes les exigences législatives fédérales et provinciales sont respectées, notamment en matière d’immatriculation, d’inspection, d’équipement de sécurité exigés, d’équipement de navigation, de cartes marines, d’équipement de communication et de formation officielle de l’équipage au niveau requis pour ce navire en particulier. (Cela inclut de s’assurer que l’opérateur est titulaire d’un permis pour exploiter le navire.)
  • S’assurer que tous les équipements à moteur à combustion interne sont bien ventilés, y compris le moteur du navire.
  • S’assurer que les opérateurs et les équipages ont reçu une formation leur permettant de faire face à des changements soudains ou imprévus des conditions météorologiques et de l’environnement.
  • S’assurer que les politiques et procédures du service sont en place. Cela comprend les éléments suivants :
    • Sélection des opérateurs et des équipages, capacité maximale (y compris les victimes) et nombre minimum de personnes nécessaires pour exploiter le navire en toute sécurité.
    • Formation de tout le personnel à bord du navire pour le navire en question, y compris une formation pour les voies navigables prévues dans des conditions environnementales défavorables.
    • Établissement de limites strictes quant aux conditions dans lesquelles le navire peut naviguer en toute sécurité.
    • Tout l’équipement acheté est adapté aux exigences de poids du navire, réparti de manière appropriée en tenant compte du centre de gravité du navire et fixé au navire pour éviter tout déplacement.
    • Identification et définition de lignes directrices pour des interventions spécifiques, telles que : lutte contre les incendies maritimes, lutte contre les incendies de structures/de végétation et sauvetages en eaux vives ou en eaux de surface.
    • Identification des équipements de protection individuelle (EPI) maritimes adéquats et appropriés disponibles et port de ces derniers pendant les opérations.

Les employeurs devraient :

  • avant d’acquérir un navire, envisager de réaliser une étude de détermination des besoins, comme indiqué dans la norme NFPA 1925 et dans leur évaluation des risques communautaires, afin de s’assurer que le navire sera en mesure de répondre aux appels de service prévus.
  • établir des lignes directrices définissant les critères et la formation requis pour remplir les rôles individuels à bord du navire. Cela peut inclure le capitaine du navire, le personnel d’exploitation/de pilotage, le niveau de classification maritime ou les rôles requis à bord du navire lors des opérations.
  • s’assurer que la formation des équipages est adaptée à chaque navire du service. Les capacités des différents navires peuvent être soumises à des restrictions distinctes.
  • établir un programme d’inspection et d’entretien préventif régulier afin de s’assurer que le navire et les équipements connexes sont maintenus en bon état de fonctionnement.
  • s’assurer que les intervenants disposent d’un équipement de protection approprié et adéquat pour intervenir, notamment des combinaisons étanches, des appareils de protection respiratoire autonomes (APRA), des tenues de pompier, des casques, des gants imperméables et des palmes.
  • informer que les vêtements de protection contre les incendies de structure ne peuvent pas être portés en toute sécurité à bord d’un navire.
  • s’assurer que le comité mixte sur la santé et la sécurité au travail a examiné les procédures opérationnelles normalisées (PON) en collaboration avec les membres qui feront partie de l’équipage du navire.

Considérations

  • Limites du navire par rapport à l’environnement et aux conditions aquatiques : Il est nécessaire d’établir des directives ou des procédures de service précisant les limites et de s’assurer que les équipages les comprennent avant d’intervenir.
  • La planification de l’intervention doit tenir compte des voies navigables et de leurs caractéristiques, notamment les courants, les obstacles permanents et la configuration du littoral dans différents types de conditions hydrologiques.
  • Un renfort pour l’équipe à bord du navire doit être envisagé en cas de problème. Cela peut inclure une aide automatique ou une aide mutuelle afin de garantir que le renfort puisse intervenir dès le début de l’appel.
  • L’organisation de formations avec les partenaires, notamment la Garde côtière canadienne (y compris la Garde côtière auxiliaire canadienne), le centre de recherche et de sauvetage de la GCC, les services de police locaux et les services d’incendie voisins.
  • Des règles pour les passagers, y compris, mais sans s’y limiter, les pompiers, les ambulanciers paramédicaux et les policiers qui apportent leur aide mutuelle.
  • Si le service dispose de capacités de pompage pour le navire ou d’une pompe portable, l’opérateur du navire doit comprendre comment le pompage peut affecter les opérations du navire.

Règlements et lois applicables

Lisez :

  • Loi sur la santé et sur la sécurité au travail
    • alinéa 25 (2) h) pour prendre toutes les précautions raisonnables dans les circonstances afin de protéger les travailleurs

Loi fédérale

Étant donné que les opérations maritimes relèvent principalement de la compétence fédérale, les employeurs doivent se familiariser avec les lois canadiennes pertinentes, notamment :

Normes pertinentes

Renseignements connexes

Lisez les notes d’orientations :