Rapport 2025 de l’apiculteur provincial
Faits saillants de la saison 2025
Le Programme d'apiculture du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l’Agroentreprise (MAAAO) a effectué des inspections régulières ciblées en 2025.
Les apiculteurs ont expédié 22 792 colonies d'abeilles mellifères hors de l'Ontario aux fins de la pollinisation des cultures de bleuets et de canneberges dans l'est du Canada.
Selon les pertes qu’ont signalées les apiculteurs, le taux global de mortalité hivernale des abeilles mellifères dans la province pour l'hiver 2024–2025 a été de 37 %. Il s'agit d’un taux inférieur à celui rapporté l’année précédente, qui s’élevait à 50 %.
Voici quelques statistiques importantes sur la saison 2025 de l’industrie apicole ontarienne :
- nombre d’apiculteurs inscrits – 5 195
- nombre d’apiculteurs commerciaux inscrits (ayant 50 colonies ou plus) – 254
- nombre d’apiculteurs non commerciaux ou amateurs (ayant 49 colonies ou moins) – 4 941
- nombre de colonies inscrites – 118 109
- rendement moyen provisoire en miel par colonie – 30,14 kg (66,46 lb) par colonie
- récolte totale provisoire de miel estimée – 3,56 millions de kg (7,85 millions de lb)
- taux de mortalité hivernale des abeilles mellifères déclaré par apiculteur
commercial – 37 % - taux de mortalité hivernale des abeilles mellifères déclaré par apiculteur non commercial – 43 %
- nombre de permis de vente délivrés – 86
- nombre de permis de vente de reines et de nucléus délivrés – 139
- nombre de permis d’importation délivrés – 42
Niveau d’infestation et incidence des maladies
Au cours de la saison apicole 2025, le MAAAO a inspecté au total 589 ruchers. Les inspecteurs apicoles du MAAAO ont observé la présence de maladies et d’insectes nuisibles courants chez les abeilles en procédant à l’inspection des nids à couvain de 5 430 colonies. Ils ont également vérifié la présence de varroa durant l’inspection des nids de couvain de 2 659 colonies ainsi que la présence du petit coléoptère des ruches pendant l’inspection des traverses supérieures de 6 360 autres colonies.
Les taux d’incidence des maladies relevés dans les colonies inspectées sont les suivants :
- loque américaine – 0,52 %
- loque européenne – 0,66 %
- couvain sacciforme – 0,55 %
Ces données se rapportent aux colonies inspectées en 2025 et ne sont pas nécessairement représentatives de l'industrie apicole ontarienne dans son ensemble.
Loque américaine (Paenibacillus larvae)
Les inspecteurs ont détecté la loque américaine, une maladie bactérienne des abeilles mellifères, dans 28 colonies d'abeilles mellifères, soit 0,52 % des colonies inspectées en Ontario. Ces colonies étaient situées dans 10 ruchers positifs à la loque américaine, soit 1,70 % des ruchers inspectés. Les données de 2025 révèlent une hausse des cas de loque américaine par rapport à 2024, où la maladie a été observée dans 0,35 % des colonies inspectées. On attribue en partie cette hausse à l’infestation de loque américaine qui est survenue dans la région de Waterloo en août 2025.
Les inspecteurs prélèvent des échantillons de maladies présumées du couvain constatées pendant les inspections apicoles, puis les envoient au Laboratoire d’hygiène vétérinaire de l’Université de Guelph aux fins de confirmation en laboratoire par analyse moléculaire. Bien que les signes et symptômes visuels d’une maladie du couvain demeurent importants pour détecter une maladie au sein d’une colonie, la confirmation en laboratoire est désormais exigée, puisque des souches de la loque européenne présentent des particularités de la loque américaine.
L'analyse d'échantillons a confirmé de nouveau que les souches de la loque américaine qui circulent en Ontario continuent de réagir à l’oxytétracycline.
Apprenez-en plus sur la loque américaine.
Loque européenne (Melissococcus plutonius)
Les inspecteurs ont détecté la loque européenne, une maladie bactérienne des abeilles mellifères, dans 36 colonies d'abeilles mellifères, soit 0,66 % des colonies inspectées en Ontario. Ces colonies étaient situées dans 22 ruchers positifs à la loque européenne, soit 3,74 % des ruchers inspectés. Les données de 2025 révèlent une augmentation importante par rapport à 2024, où la maladie a été observée dans 0,16 % des colonies inspectées.
Il semble que la présence de la loque européenne tende à augmenter de manière durable ces dernières années en Ontario (figure 1). D’autres programmes apicoles en Amérique du Nord ont également observé cette tendance et ont fait rapport à son sujet.
Les plus récents cas de loque européenne résistent mieux aux traitements et aux mesures de lutte. Dans certaines provinces, des colonies gravement infectées par la loque européenne sont même incapables de s’en remettre. Les raisons possibles de cette situation sortent du cadre du présent rapport, mais les chercheurs s’intéressent sérieusement.

Apprenez-en plus sur la loque européenne.
Petit coléoptère des ruches (Aethina tumida)
Le petit coléoptère des ruches est un insecte ravageur des abeilles mellifères. Les inspecteurs en ont détecté la présence dans 7 nouveaux ruchers en Ontario, y compris des exploitations commerciales et à petite échelle de municipalités où l’on n’avait pas encore constaté la présence du petit coléoptère des ruches. Il s’agit d’une diminution du nombre d’exploitations où l’on a détecté pour une première fois cet insecte nuisible en 2025 par rapport à 2024 (n = 9). Il se peut que cet écart de détection du petit coléoptère des ruches dans les exploitations apicoles soit attribuable :
- à la situation météorologique variable
- aux conditions des colonies
- aux pratiques de gestion des apiculteurs
De plus, compte tenu du taux élevé d'inspection des colonies dans la région de Niagara pour en favoriser le transport hors de la province aux fins de la pollinisation, il est possible que le petit coléoptère des ruches soit surreprésenté dans les résultats positifs d’inspections. C’est par ailleurs dans cette région qu’a lieu un très grand nombre d’inspections des colonies.
La présence de larves du petit coléoptère des ruches, à qui l’on attribue principalement les dommages que ce dernier provoque dans les colonies, est consignée durant les inspections apicoles. Les rapports continuent de signaler très peu de cas où le petit coléoptère des ruches crée du tort aux colonies dans la province et, à ce jour, l’incidence de cet insecte nuisible demeure faible en Ontario.
Le MAAAO propose une carte en ligne (en anglais seulement) montrant le nombre de ruchers où la présence du petit coléoptère des ruches est confirmée dans chaque canton. Cette carte fournit des données à jour aux autres provinces qui importent des abeilles mellifères de l'Ontario et indique aux apiculteurs les endroits dans la province où le petit coléoptère des ruches est détecté, ce qui les aide à gérer le risque que cet insecte présente pour leurs activités apicoles.
Apprenez-en plus sur le petit coléoptère des ruches.
Varroa (Varroa destructor)
Les inspecteurs apicoles du ministère prélèvent, lors d’inspections régulières, des échantillons afin de vérifier la présence du varroa – un parasite courant et très nuisible qui s’en prend aux abeilles mellifères. Ils ont constaté un faible niveau d'infestation des colonies chez les apiculteurs commerciaux et à petite échelle au début de la saison apicole, mais l’infestation a atteint un niveau supérieur plus tard au cours de la saison. À l'échelle de la province, ils ont inspecté 2 659 colonies (831 dans les exploitations commerciales et 1 828 dans les petites exploitations) en vue d’y détecter le varroa à l'aide d'un lavage standard à l'alcool (collecte d’un échantillon d’environ 300 abeilles dans le nid à couvain qui ont été lavées à l’alcool, puis filtration et dénombrement des varroas). En 2025, le Programme d'apiculture a augmenté, pendant les inspections générales, le nombre habituel de colonies échantillonnées (de trois à six colonies) dans les ruchers aux fins de la détection du varroa afin de recueillir un échantillon plus représentatif de l’infestation.
Comme le varroa est très répandu (on les trouve pour ainsi dire dans chaque colonie d’abeilles mellifères en Ontario) et bien établi dans la province, la prévalence de l’infection qu’il provoque renseigne peu comparativement au degré d'infestation.
Guzman et coll. (2010) ont établi les seuils de traitement pour les infestations de varroa. Ils recommandent que les colonies soient traitées :
- en mai si le taux d'infestation dépasse les 2 %
- en août si le taux d'infestation dépasse les 3 %
Dans les exploitations commerciales, on constate que l'infestation moyenne par le varroa est demeurée inférieure aux seuils de traitement durant toute la saison, et ce, jusqu’en octobre où il a atteint un niveau moyen correspondant exactement au seuil de traitement. Le taux d’infestation le plus bas a été de 0,05 % en mai, alors que le plus élevé a été de 3 % en octobre (figure 2). Étant donné que la taille de l’échantillon en octobre était petite, il se peut que le taux d’infestation ne soit pas représentatif des colonies d’abeilles mellifères dans les exploitations apicoles commerciales de l’Ontario.

On observe également que le taux d’infestation dans les petites exploitations a été bas au début de la saison, puis qu’il a augmenté et culminé de la fin de l’été au début de l’automne. Le taux d’infestation est passé de 0,05 % en avril à 1,7 % en septembre (figure 3).

Le cycle biologique du varroa est tributaire de celui des abeilles mellifères, puisque le varroa ne peut pas se reproduire si la population d’abeilles mellifères ne se développe pas. Si les abeilles mellifères se reproduisent plus tôt dans la saison, alors la croissance de la population de varroas s’accélère, et cette dernière atteint hâtivement un sommet. Dès que le couvain des abeilles mellifères est produit, le varroa commence à se reproduire et sa population augmente (figure 4).
Le varroa connaît une croissance exponentielle de sa population, c’est-à-dire que la croissance de la population s’accélère plus rapidement avec le temps. Aussitôt que le varroa atteint un certain niveau d’infestation, il est plus difficile de s’en débarrasser plus tard dans la saison compte tenu du très grand nombre de varroas présents dans la colonie. Les apiculteurs peuvent gérer ce risque en effectuant un traitement au début du printemps, puis un autre au début de l'été afin de freiner rapidement la croissance de la population de varroas.

Ce graphique montre l’importance de surveiller régulièrement les niveaux d’infestation de varroa au cours de la saison apicole, car la population peut atteindre prématurément un sommet susceptible de passer inaperçu, en particulier lorsque la croissance n’est pas conforme au schéma de croissance d’une année normale (par exemple, au début du printemps). Si les apiculteurs ne prélèvent pas fréquemment des échantillons pendant la saison afin de vérifier les niveaux d’infestation de varroa, il devient alors difficile pour eux de faire abstraction du fait que le varroa est possiblement un facteur important associé à la perte hivernale des colonies.
Les conditions météorologiques et saisonnières exercent une influence sur les niveaux d’infestation de varroa, et les apiculteurs doivent adapter en conséquence leurs pratiques de lutte, notamment dans la mesure où les printemps hâtifs et le temps plus chaud qui se prolonge à l’automne sont des phénomènes plus courants en raison des changements climatiques.
De façon générale, les données disponibles démontrent qu’il est important de procéder au dépistage régulier du varroa au cours de la saison (du début du printemps à la fin de l’été ou jusqu’à l’automne) afin de déterminer à quel moment effectuer un traitement contre le varroa, puisque le risque d’infestation de varroa demeure présent tout au long de la saison apicole active et augmente au fil du temps suivant la dynamique de croissance de la population naturelle de varroa. Les données soulignent en outre l'importance d’une surveillance régulière pendant toute la saison dans la mesure où :
- une surveillance hâtive permet de s'assurer que le niveau d’infestation de varroa dans les colonies est faible au printemps
- une surveillance durant toute la saison contribue à détecter tôt une croissance de la population de varroas et à effectuer rapidement un traitement
- une surveillance continue jusqu’à la fin de la saison (septembre et octobre), et après l’application du traitement estival contre le varroa, s’avère indispensable afin de s’assurer que le traitement utilisé a eu pour effet d’abaisser le niveau d’infestation touchant les abeilles à l’approche de l’hiver
Apprenez-en plus sur le varroa.
Production de miel
En 2024, on a réalisé le sondage sur la production de miel auprès de tous les apiculteurs inscrits ayant 20 colonies ou plus. Toutefois, en 2025, seuls les apiculteurs commerciaux ayant 50 colonies ou plus ont reçu le sondage sur la production de miel, comme c’était le cas auparavant. Compte tenu du faible taux de réponse en 2025, il peut être avisé de recommencer à envoyer le sondage, à l’avenir, aux apiculteurs ayant 20 colonies ou plus.
On a créé les questionnaires de sondage au moyen de Survey123 Connect que l’on a envoyés par courriel aux apiculteurs inscrits ayant 50 colonies ou plus. Approximativement 12 % des apiculteurs y ont répondu, représentant près de 4 526 colonies à l'échelle de la province. Il s’agit d’environ 4 % de l’ensemble des colonies en Ontario en 2025.
D'après les réponses reçues, la production moyenne provisoire (les chiffres définitifs seront disponibles plus tard en 2026) de miel estimée en Ontario a été de 30,14 kg (66,46 lb) par colonie. Il s’agit d’une hausse notable par rapport aux données réelles de production de 2024 qui étaient de 24,02 kg (52,96 lb) par colonie. Cette hausse est sans doute attribuable à des conditions atmosphériques plus normales en 2025 par rapport au temps plus frais et aux conditions variables de production de nectar de 2024. Bon nombre d’apiculteurs ont déclaré une miellée abondante au début de l’été 2025.
Services de pollinisation
Les colonies d'abeilles mellifères de l'Ontario sont envoyées régulièrement dans l'est du Canada (Québec, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) pour y polliniser les cultures de petits fruits.
Quelque 22 792 colonies d’abeilles mellifères de l’Ontario ont d’ailleurs été expédiées à cette fin dans l’est du Canada en 2025. Il s’agit d’une diminution par rapport aux 25 004 colonies d'abeilles mellifères que la province avait expédiées en 2024. Il se peut que cette diminution du nombre de colonies soit représentative d’une baisse du nombre de colonies dans certaines grandes exploitations ayant peut-être connu des pertes plus importantes l’année précédente et de fluctuations de la demande de services de pollinisation. La tendance générale qui se profile au fil du temps est que la demande de colonies aux fins de la pollinisation (notamment au Nouveau-Brunswick) augmentera à mesure que la culture du bleuet prendra de l’expansion.
L'Ontario et les provinces de l'est du Canada ont collaboré pour définir les exigences en matière d’inspection aux fins d’expédition de colonies dans d'autres provinces. La propagation du petit coléoptère des ruches de régions de l’Ontario vers l’est du Canada est demeurée, en 2025, une préoccupation lors de la formulation des exigences en matière d’inspection. En 2025, pour mieux surveiller l’état de santé des colonies de retour dans la province après avoir été utilisées aux fins de pollinisation :
- les apiculteurs ontariens ont dû, conformément à la Loi sur l'apiculture, présenter une demande de permis d’importation de l’Ontario et obtenir celui-ci
- le Programme d'apiculture a mené des inspections sur un certain nombre de colonies de retour dans la province afin de s’assurer qu’elles étaient en bonne santé
Mortalité des abeilles mellifères
Mortalité hivernale des abeilles mellifères
Au printemps 2025, le MAAAO a réalisé un sondage auprès des apiculteurs afin d’estimer les pertes hivernales de colonies d’abeilles mellifères. Il a envoyé le sondage à 223 apiculteurs commerciaux inscrits afin de savoir combien de colonies complètes avaient survécu à l’hiver et étaient considérées viables au 15 mai. Le MAAAO a reçu les réponses de 27 % des apiculteurs commerciaux sondés, représentant 20 019 colonies dans l’ensemble de la province.
D’après les résultats du sondage, les apiculteurs commerciaux ont déclaré des pertes globales de colonies d'abeilles mellifères d’environ 37 % durant l'hiver 2024–2025. Il s’agit d’une diminution des pertes hivernales par rapport à celles de l’année précédente qui se chiffraient à 50 %. Les apiculteurs à petite échelle ont, pour leur part, déclaré des pertes hivernales supérieures s’élevant à 43 %.
Mortalité saisonnière des abeilles mellifères
Un incident de mortalité saisonnière des abeilles mellifères s’entend de décès anormaux dans une colonie d’abeilles mellifères au cours d’une saison apicole active, qui sont présumément attribuables à une exposition à des pesticides ou à des produits chimiques. Les animaux nuisibles, les maladies et les pratiques de lutte sont des facteurs dont l’apiculteur doit également tenir compte s’il observe des problèmes importants de santé de la colonie ou le décès d’abeilles.
L’apiculteur peut signaler ces incidents au MAAAO par l’entremise du Centre d’information agricole ou en remplissant le formulaire en ligne. Si des apiculteurs soupçonnent que la mortalité élevée de leurs abeilles est liée à une exposition à des pesticides, ils doivent en informer le Centre d'intervention en cas de déversement du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs (MEPP) en composant le
Apprenez-en plus sur le signalement par le public de cas de pollution.
En 2025, le MAAAO a reçu quatre rapports d’incident de mortalité saisonnière des abeilles mellifères.
Risque posé par un ravageur émergent des abeilles mellifères : l’acarien Tropilaelaps
L’acarien Tropilaelaps suscite une inquiétude grandissante qui a commencé à retenir l’attention des milieux apicoles aux quatre coins de la planète. Cet acarien est le plus important ravageur émergent des abeilles mellifères à l'échelle mondiale, y compris pour les apiculteurs de l'Ontario. Bien que sa présence ne soit actuellement pas observée en Amérique du Nord, le risque qu'il se propage à travers le monde est élevé, puisqu’il a récemment étendu son territoire en Asie (d'où il est originaire), et que sa présence a été confirmée en Russie et en Géorgie, en Europe. On craint par ailleurs que l’acarien Tropilaelaps soit également présent en Ukraine et en Turquie, ce qu’ont signalé des rapports non confirmés.
Tout comme le varroa, l’acarien Tropilaelaps est un ectoparasite des abeilles mellifères. Il est plus petit que le varroa – ce qui le rend plus difficile à détecter par les apiculteurs – et, dans la mesure où il se reproduit plus rapidement que le varroa, il est plus nuisible dans de nombreux cas. De plus, l’acarien Tropilaelaps peut introduire et propager de nouveaux virus.
Étant donné que cet acarien se propage rapidement en Europe, et que le Canada importe des abeilles d'Europe (environ 10 % des importations d'abeilles du Canada proviennent d’Europe), ce ravageur suscite des préoccupations graves et grandissantes liées au fait que l'Europe pourrait contribuer à l’arrivée de l’acarien Tropilaelaps au Canada et en Amérique du Nord à l’heure où l’industrie est encore aux prises avec le varroa.
Les essaims arrivant par conteneurs d’expédition et par fret constituent sans doute la plus grande menace en ce qui a trait à l'introduction de ce ravageur en Amérique du Nord. À titre d’exemple, le département de l'Agriculture du New Jersey et le département de l'Agriculture des États-Unis ont détecté, en octobre 2025, la présence de l’acarien Tropilaelaps dans un essaim d'abeilles se trouvant à bord d'un porte-conteneurs au port de Newark, au New Jersey. Même si les mesures d'atténuation prises ont empêché ce ravageur de pénétrer sur le territoire continental des États-Unis, il reste que cette détection permet de lever le voile sur l'imminence du risque actuel.
Face à ce nouveau risque que pose ce ravageur, de nombreux groupes de travail ont été formés pour étudier la question de l’acarien Tropilaelaps et pour élaborer des plans de lutte contre celui-ci. L’apiculteur provincial de l’Ontario est membre du comité sur l’acarien Tropilaelaps de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture. Il travaille également en collaboration avec l’organisme Apiary Inspectors of America et les apiculteurs provinciaux du Canada afin d’examiner des stratégies visant à prévenir l’invasion de ce ravageur ainsi que des mesures de lutte et d’atténuation au cas où ce dernier serait introduit et parviendrait à s’établir. Le scénario idéal serait que l’acarien Tropilaelaps n'atteigne jamais l'Amérique du Nord; il est néanmoins plus prudent d’envisager toutes les éventualités.
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Figure 1. Prévalence annuelle de la loque européenne dans les colonies d’abeilles mellifères en Ontario ayant fait l’objet d’inspections des nids à couvain de 2016 à 2025.
La figure 1 montre que la prévalence annuelle de la loque européenne dans les ruchers de l’Ontario a été de :
- 0,1 % en 2016
- 0,03 % en 2017
- 0 % en 2018
- 0,03 % en 2019
- 0,43 % en 2020
- 0,59 % en 2021
- 0,38 % en 2022
- 1,38 % en 2023
- 0,16 % en 2024
- 0,66 % en 2025
Figure 2. Taux d'infestation moyen par le varroa et seuils de traitement dans les exploitations apicoles commerciales de l'Ontario en 2025.
La figure 2 montre que le taux moyen d’infestation par le varroa dans les exploitations apicoles commerciales a été de :
- 0,18 % en avril
- 0,05 % en mai
- 0,08 % en juin
- 0,3 % en juillet
- 0,4 % en août
- 0,10 % en septembre
- 3 % en octobre
Figure 3. Taux d'infestation moyen par le varroa et seuils de traitement dans les petites exploitations apicoles de l'Ontario en 2025.
La figure 3 montre que le taux moyen d’infestation par le varroa dans les petites exploitations apicoles a été de :
- 0,05 % en avril
- 0,07 % en mai
- 0,09 % en juin
- 0,07 % en juillet
- 0,4 % en août
- 1,7 % en septembre
- 1,3 % en octobre
Figure 4. Courbe de la population de varroas (sans traitement ou intervention) par rapport à la courbe de la population d’abeilles mellifères au cours d’une saison apicole normale en Ontario.
La figure 4 est un graphique linéaire qui illustre la population de varroas (courbe brune) par rapport à la population d’abeilles mellifères (courbe verte) dans une colonie d’abeilles mellifères au cours de la saison apicole. Elle montre notamment la croissance de la population de varroas si aucun traitement n’est appliqué à la colonie. Dans ce cas-ci, la population de varroas connaît une croissance exponentielle à partir du printemps (mai), puis dépasse la population d’abeilles mellifères pendant l’été (juillet). La ligne de croissance de la population d’abeilles mellifères fait penser à une courbe en cloche qui atteint un sommet durant l’été suivi d’une diminution à l’automne.