Introduction

Les Grands Lacs constituent un précieux écosystème d’importance mondial qui renferme 20 % de l’eau douce de surface de la Terre et qui soutient notre santé, notre environnement et notre économie.

L’Accord Canada-Ontario sur la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs (ACO) vise le rétablissement, la protection et la conservation de la qualité de l’eau et de la santé de l’écosystème des Grands Lacs. Le Canada et l’Ontario ont signé le premier ACO en 1971 et ont conclu huit accords subséquents, ce qui a donné lieu à plus de 50 ans de progrès et de coopération continue en matière de qualité de l’eau et de santé des écosystèmes. Les engagements et les résultats énoncés dans l’ACO appuient directement les engagements pris dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (AQEGL) entre le Canada et les États-Unis et de la Stratégie ontarienne pour les Grands Lacs.

Le neuvième et plus récent ACO entré en vigueur le 1er juin 2021 et prendra fin le 31 mai 2026. Le présent rapport d’étape décrit les réalisations notables pour chaque Annexe de l’ACO de juin 2021 à décembre 2023. Un rapport d’étape final sera publié après l’échéance de l’ACO de 2021. Les progrès réalisés sont également communiqués par le Canada dans le cadre de l’AQEGL et par l’Ontario au titre de la Loi de 2015 sur la protection des Grands Lacs.

Les progrès relatifs à l’ACO de 2021 sont réalisés en collaboration avec de nombreux partenaires, dont les Premières Nations, les Métis, les municipalités, le milieu universitaire, des organisations non gouvernementales et d’autres intervenants. En 2023, le gouvernement du Canada a fait un investissement historique de 420 millions de dollars sur dix ans en nouvelles ressources pour les Grands Lacs. Ce financement, combiné à l’investissement annuel de 14 millions pour la protection des Grands Lacs et à l’investissement supplémentaire de 31 millions pour la protection des terres humides effectués par l’Ontario, contribuera à l’obtention de résultats ambitieux en matière d’environnement, dont le nettoyage des secteurs préoccupants et l’atteinte des cibles de réduction des charges en phosphore établies pour le lac Érié.

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Priorité : Protection des eaux

Annexe 1 : Éléments nutritifs

Objectif : Traiter la question de l’excès d’éléments nutritifs et réduire les efflorescences d’algues nuisibles et les zones d’hypoxie dans les Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario ont fourni du financement pour les projets menés par des partenaires qui démontrent l’efficacité ou augmentent l’adoption des pratiques de gestion exemplaires et des approches innovantes pour réduire les charges en phosphore provenant de l’agriculture dans le lac Érié.
    • Dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable, les gouvernements du Canada et de l’Ontario ont accordé plus de 68 millions à l’Initiative ontarienne pour la durabilité agricole afin de financer des programmes qui soutiennent les améliorations à la ferme visant à favoriser la santé des sols, la qualité de l’eau et la séquestration du carbone, d’offrir des fonds pour partager les coûts d’amélioration de l’équipement et des opérations, et de prolonger le programme ONFARM, qui permet l’échange de connaissances sur les pratiques de gestion exemplaires à la ferme pour améliorer la santé des sols et la qualité de l’eau.
  • L’Ontario a accordé 9,5 millions sur 3 ans pour améliorer la cartographie des données pédologiques ainsi que l’évaluation et la surveillance des sols. Cette aide servira notamment à créer un système ontarien d’information sur les sols agricoles permettant d’héberger, de gérer et d’analyser les données pédologiques et agronomiques, et à mettre à jour l’inventaire des ressources en sols afin de générer des données essentielles pour la prise de décisions à la ferme visant à améliorer la santé des sols et la productivité des exploitations agricoles. Ces projets contribueront à améliorer les modèles et les outils pour évaluer le risque de perte de phosphore excédentaire à partir des paysages agricoles et à accroître la compréhension des charges en éléments nutritifs pour des effluents clés des lacs Érié et Ontario.
  • Dans le cadre de l’Initiative relative à l’écosystème d’eau douce des Grands Lacs du Canada, 15 projets ont reçu un financement total de 54 millions pour accélérer les efforts collaboratifs visant à atteindre les cibles de réduction des charges en phosphore pour la partie canadienne du lac Érié d’ici 2039. Les projets menés par des partenaires financés dans le cadre de l’Initiative aideront à réduire les algues toxiques et nuisibles par la prise de mesures dans les bassins versants prioritaires, l’application de techniques de conservation de précision, l’accroissement de la participation aux activités de réduction du phosphore, la mise à l’essai d’innovations et le comblement de lacunes dans les connaissances.
  • Plus de 300 activités distinctes ont été mises en œuvre par plus de 30 partenaires afin d’appuyer le Plan d’action Canada-Ontario pour le lac Érié (PALE), le plan du Canada et de l’Ontario visant à réduire les charges en phosphore dans le lac Érié. Parmi les activités réalisées, mentionnons notamment des efforts sur le terrain pour réduire les charges en phosphore dans les zones agricoles et urbaines, l’élaboration et la mise en œuvre de plans adaptés de gestion du phosphore pour les bassins versants prioritaires (telles ques la rivière Thames et affluents de la région de Leamington), et l’élaboration de plans de gestion des bassins versants pour la rivière Thames, la rivière Grand et la région d’Essex (dont la région de Leamington). Pour obtenir plus de renseignements sur la mise en œuvre du PALE, veuillez consulter le Rapport d’évaluation et de mise à jour 2024 sur le PALE et l’État d’avancement des mesures du PALE.
  • En ce qui concerne le bassin du lac Ontario, des progrès ont été réalisés pour synthétiser, examiner et évaluer la surveillance, la recherche et la modélisation visant à calculer les charges en phosphore dans le lac Ontario et à établir des cibles binationales en matière de phosphore pour ce lac. À la suite d’un examen des cibles binationales provisoires en matière de phosphore et d’une consultation des partenaires et des intervenants, le Canada et les États-Unis ont convenu de conserver les cibles existantes relatives au phosphore pour le lac Ontario.

Annexe 2 : Polluants nocifs

Objectif : Guider les mesures de coopération et de coordination visant à réduire ou à éliminer les rejets de polluants nocifs dans le bassin des Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario ont produit un rapport sur les connaissances acquises sur les produits chimiques nocifs dans le cadre de l’ACO précédent. Le rapport recense les lacunes décelées dans les données scientifiques et éclaire les prochaines mesures de réduction visant les produits chimiques préoccupants et d’autres polluants nocifs.
  • Le Canada et l’Ontario ont collaboré pour établir des recommandations pour le sulfonate de perfluorooctane (SPFO, qui fait partie d’un groupe de substances chimiques toxiques connues sous le nom de « polluants éternels ») dans le sol. Un groupe de travail fédéral-provincial a aussi été formé et il rédige actuellement des recommandations pour les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
  • Le Canada et l’Ontario réduisent la pollution plastique dans les Grands Lacs en soutenant les projets de collecte et de nettoyage et en faisant progresser la recherche sur les sources et les mesures antipollution. Diverses approches sont utilisées pour recueillir et caractériser les déchets de plastique dans les Grands Lacs, dont le nettoyage classique des rives, des technologies novatrices qui permettent de retirer les déchets et les débris de plastique dans l’eau, et des filtres pour les laveuses visant à réduire les rejets de microplastiques par les systèmes d’assainissement des eaux usées. Les conclusions et les données de nombreuses initiatives sont rendues publiques afin d’accroître la sensibilisation à la pollution plastique et la participation à la lutte contre ce type de pollution.
  • L’Ontario a rempli son engagement de faire passer le programme de recyclage des boîtes bleues à un modèle de responsabilité des producteurs en adoptant un règlement.

Annexe 3 : Eaux usées et eaux de ruissellement

Objectif : Améliorer la gestion des eaux usées et des eaux de ruissellement et réduire la pollution dans les Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario étudient les mesures de recherche, de suivi et de surveillance liées à la gestion des technologies de traitement à la source et en amont pour s’attaquer aux polluants nocifs dans les effluents, les résidus d’eaux usées et les fosses septiques.
    • Le Canada mesure les substances chimiques qui pénètrent dans les systèmes d’assainissement des eaux usées et en sortent afin d’éclairer les mesures de gestion des risques, et a soutenu un projet visant à vérifier si le charbon actif granulé permet de réduire les émissions de SPFO et d’acide perfluorooctanoïque (APFO) provenant des usines de traitement des eaux usées municipales.
    • L’Ontario mène une étude sur les rejets d’eaux usées industrielles et entreprend une étude des options de réutilisation des éléments nutritifs pour les boues et les biosolides provenant des usines de traitement des eaux usées.

L’Ontario prend des mesures ciblées pour réduire les charges de contaminants provenant des systèmes d’eaux de ruissellement et d’eaux usées :

  • Étudier les fosses septiques en tant que sources d’éléments nutritifs et voies de migration possibles de contaminants, comme le sel de voirie en surplus, qui pénètrent dans les Grands Lacs par l’intermédiaire des eaux souterraines et de surface.
  • Fournir du soutien à l’élaboration d’outils et de ressources pour encourager l’adoption de pratiques d’aménagement à faible impact par les intervenants en gestion des eaux de ruissellement.
  • Améliorer la surveillance de la qualité de l’eau des plages grâce à des mises à jour en temps réel et le jour même pour les résidents et les visiteurs.
  • Aider les municipalités à protéger la qualité de l’eau et à réduire les contaminants. L’Ontario accorde près de 10 millions pour accroître la surveillance et la déclaration publique des débordements et des dérivations des eaux usées et 15 millions pour améliorer la qualité des rejets d’eaux de ruissellement et d’eaux usées dans le lac Ontario.

Annexe 4 : Rejets provenant des bateaux

Objectif : Prévenir et contrôler les rejets des bateaux qui nuisent à la qualité des eaux des Grands Lacs, en adoptant et en appliquant des règlements, programmes et autres mesures qui favorisent une application coordonnée et coopérative, le cas échéant.

Principales réalisations

  • En 2021, le Canada a publié un nouveau Règlement sur l’eau de ballast, qui comprend des normes pour le contrôle et la gestion de l’eau de ballast, ainsi qu’un échéancier pour la conformité. Les navires internationaux sont tenus de renouveler et de gérer les eaux de ballast avant leur arrivée dans les zones d’eau douce, comme les Grands Lacs, et les eaux de ballast d’autres navires des Grands Lacs nationaux et américains qui chargent ou déchargent des eaux de ballast au Canada ont été réglementées en 2024 ou le seront en 2030, selon l’âge du navire.
  • La Garde côtière canadienne et son homologue américain ont signé une mise à jour pour renforcer le plan d’intervention en cas de déversement, qui offre un mécanisme coordonné pour la planification, la préparation et l’intervention en cas de rejet par des navires dans les eaux contiguës, y compris les Grands Lacs.
  • En 2023, le Canada a lancé le Programme d’innovation pour les eaux de ballast, qui offre un soutien financier à la recherche menée par l’industrie portant sur l’optimisation de l’utilisation des systèmes de gestion des eaux de ballast dans les Grands Lacs. Également en 2023, les mesures volontaires visant à réduire la pollution par les eaux usées provenant des navires de croisière ont été renouvelées pour cette saison d’exploitation. La même année, Transports Canada et l’industrie des croisières ont élaboré de nouvelles mesures permanentes visant à réduire la pollution par les eaux usées. Ces mesures ont été mises en œuvre au moyen d’un arrêté d’urgence en juin 2023 et d’un deuxième arrêté d’urgence en juin 2024, en attendant qu’un nouveau règlement soit créé

Priorité : Amélioration des zones littorales

Annexe 5 : Secteurs préoccupants

Objectif : Restaurer la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème dans les secteurs préoccupants (SP).

Principales réalisations

  • Depuis la signature de l’ACO de 2021, neuf altérations des utilisations bénéfiques (AUB) ont été redésignées avec succès à « non altérée » dans sept SP :
  • Thunder Bay
  • le havre Peninsula
  • la rivière Sainte-Claire
  • la rivière Détroit
  • la rivière Niagara
  • la baie de Quinte
  • le fleuve Saint-Laurent
  • Nombre de ces nouvelles désignations appuient l’engagement à réaliser l’ensemble des mesures dans six SP canadiens avant mai 2026.
  • D’importants progrès ont été réalisés dans de nombreux SP, notamment :
    • Dans le SP de Thunder Bay, l’indice de fermeture des plages a été ramené à un niveau non altéré en raison de l’amélioration de la qualité de l’eau dans les plages de la région.
    • Dans le SP du havre Peninsula, trois utilisations bénéfiques (populations de poissons et d’espèces sauvages, habitats de poissons et d’espèces sauvages et dégradation du benthos) ont été rétablies grâce à des travaux de restauration efficaces et au suivi des progrès accomplis pour atteindre les objectifs fixés .
    • Dans le SP de la rivière Sainte-Claire, l’analyse des tumeurs hépatiques observées chez des poissons a permis d’évaluer les progrès réalisés et d’éclairer la nouvelle désignation du SP concernant les poissons affectés de tumeurs ou d’autres déformations.
    • Dans le SP de la rivière Détroit, le Canada a mené une étude exhaustive portant sur le phytoplancton, le zooplancton et les communautés microbiennes pour évaluer leur niveau de dégradation. Les résultats de cette étude et les conclusions d’études antérieures ont permis d’appuyer la nouvelle désignation de l’AUB concernant la dégradation des populations de phytoplancton et de zooplancton, qui est désormais « non altérée ».
    • Le SP de la rivière Niagara a redésigné l’AUB concernant les fermetures de plages à « non altérée » en raison des améliorations à la qualité de l’eau et de la réduction des fermetures de plages.
    • Le SP de la baie de Quinte a terminé avec succès la redésignation de l’AUB concernant la dégradation de l’aspect esthétique à « non altérée » en raison des améliorations démontrées à l’égard des cibles environnementales.
    • Le SP du fleuve Saint-Laurent est également parvenu à redésigner l’AUB concernant les fermetures de plages à « non altérée » en raison de l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’atteinte des cibles décrites dans le plan d’assainissement.
  • Dans la SP de la rivière Niagara, le Canada et l’Ontario ont réalisé leur engagement à surveiller le rétablissement naturel dans l’est du ruisseau Lyons. Le rétablissement naturel surveillé a permis de réduire les concentrations de certains polluants dans des sections du ruisseau en aval. Toutefois, des concentrations élevées de biphényles polychlorés (BPC) dans les sédiments et les organismes benthiques persistent dans une section du ruisseau en amont, ce qui signifie que d’autres mesures doivent être prises avant le retrait de l’AUB concernant la dégradation des communautés benthiques. Pour corriger cette situation, le Canada et l’Ontario travaillent à déterminer les options de gestion des sédiments dans la partie supérieure de l’est du ruisseau Lyons. Bien que l’on s’attende à ce que tous les engagements énoncés dans l’ACO de 2021 soient pleinement mis en œuvre, d’autres mesures seront requises pour éliminer toutes les altérations des utilisations bénéfiques dans le SP de la rivière Niagara.

Annexe 6 : Aménagement panlacustre

Objectif : Faire progresser la restauration, la protection et la conservation des Grands Lacs grâce à la collaboration entre les compétences à l’échelle nationale et binationale et avec la collectivité des Grands Lacs, un lac à la fois.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario collaborent avec les Premières Nations et les Métis à l’élaboration de processus décisionnels et à l’application des connaissances écologiques traditionnelles dans le cadre de l’aménagement pancalustre. Par exemple, le Canada, avec l’appui de l’Ontario, travaille avec la Nation anishinabek à l’élaboration d’un processus de mobilisation pour l’aménagement panlacustre sur plusieurs lacs. Le Canada et l’Ontario ont collaboré avec les Premières Nations du lac Supérieur pour soutenir les mesures communautaires de surveillance de l’eau. Le Canada a également aidé la Nation métisse de l’Ontario à produire des vidéos éducatives qui sensibilisent les Métis vivant dans le bassin aux préoccupations relatives aux Grands Lacs, et l’Ontario a apporté son soutien au Groupe consultatif sur les Grands Lacs de la Nation métisse de l’Ontario.
  • Le Canada, l’Ontario et de nombreux partenaires ont continué d’évaluer l’état de la qualité de l’eau et de la santé de l’écosystème des Grands Lacs, aux échelles tant du bassin que du lac individuel, en menant des activités collaboratives de surveillance régulière afin d’appuyer l’évaluation des indicateurs de l’état des Grands Lacs, l’évaluation des eaux littorales et l’aménagement panlacustre, et d’éclairer les mesures à prendre dans les régions côtières des Grands Lacs soumises à un stress important ou ayant une grande valeur écologique.
  • Avec plusieurs partenaires, le Canada et l’Ontario ont aussi fait progresser la mise en œuvre d’initiatives côtières propres au lac, dont la collaboration avec la partie ouest du lac Ontario, le plan canadien de gestion du lac Sainte-Claire et l’initiative de la baie Georgienne du lac Huron concernant l’action communautaire. L’Ontario fait également progresser l’initiative pour un lac Huron en bonne santé (Healthy Lake Huron) avec de nombreux partenaires.
  • Le Canada et l’Ontario ont aidé les collectivités des Grands Lacs à participer au processus décisionnel et à prendre des mesures qui appuient la mise en œuvre de plans d’action et d’aménagement panlacustre (PAAP) :
    • Dans le cadre du PAAP du lac Supérieur, une organisation environnementale communautaire a soutenu la sensibilisation et la mobilisation des collectivités locales au sujet de nombreuses questions, comme les microplastiques, la gestion des eaux de ruissellement, l’adaptation aux changements climatiques et les espèces envahissantes.
    • Une Première Nation a recueilli des données et des échantillons d’eau, déterminé des indicateurs de référence fondés sur le savoir autochtone pour la qualité de l’eau et donné une formation aux gardiens communautaires de quatre autres Premières Nations vivant dans le bassin versant du lac Supérieur.
    • Le Canada a aidé un office de protection de la nature qui a mobilisé des organismes de gestion des ressources, des municipalités, des organisations non gouvernementales, des Premières Nations, des universitaires, des partenaires locaux et divers autres intervenants du bassin versant du lac Érié pour participer à l’élaboration conjointe d’une stratégie d’adaptation aux changements climatiques visant à atténuer les risques associés aux changements climatiques et à accroître la résilience des terres humides côtières.
    • L’Ontario a appuyé les efforts d’une association communautaire pour mettre en œuvre et promouvoir des mesures d’intendance et la sensibilisation aux pratiques de gestion bénéfiques dans les bassins versants du lac Huron.

Priorité : Protection de l’habitat et des espèces

Annexe 7 : Espèces aquatiques envahissantes

Objectif : S’assurer de la coopération et de la coordination des efforts visant à réduire la menace des espèces envahissantes aquatiques pour la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Des organismes fédéraux et provinciaux ont fait des progrès vers l’élaboration d’un cadre coordonné de détection précoce et d’intervention rapide pour les espèces aquatiques envahissantes (EAE) présentes dans les eaux canadiennes des Grands Lacs. Par exemple :
    • Le Canada et l’Ontario ont efficacement mis en œuvre le plan d’intervention contre la carpe asiatique  après qu’une carpe de roseau envahissante a été capturée dans la baie de Quinte. L’intervention a notamment consisté à avertir les partenaires et à mettre au point des efforts d’intervention.
  • Le Canada, l’Ontario et des partenaires continuent de combattre activement ou d’éradiquer les EAE prioritaires présentes dans les Grands Lacs, notamment le stratiote faux-aloès dans la baie de Quinte et la voie navigable Trent-Severn, l’écrevisse marbrée dans les bassins d’eaux pluviales de Burlington, l’hydrille dans la rivière Niagara et la carpe de roseau dans le lac Érié et le lac Ontario. L’Ontario a également travailler avec ses partenaires pour permettre la gestion des phragmites envahissants établis dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs.
  • Le Canada et l’Ontario font progresser la collaboration avec des partenaires clés pour étendre les réseaux de communication et renforcer la valeur collective des activités de sensibilisation visant à réduire l’introduction et la propagation des EAE. Cette collaboration comprend de faire participer les Premières Nations, les Métis, le public et des intervenants à des activités qui préviennent l’introduction et la propagation des EAE et qui accroissent la sensibilisation à cet égard. En voici des exemples :
    • Améliorer la connaissance des règlements relatifs aux embarcations pris en vertu de la Loi de 2015 sur les espèces envahissantes de l’Ontario ainsi que des espèces réglementées en vertu de cette loi.
    • Financer cinq organisations pour concevoir du contenu visant à sensibiliser le public au sujet de la menace que représentent les espèces envahissantes et des mesures que le public peut prendre.
    • Collaborer avec les communautés des Premières Nations des Grands Lacs et la Nation métisse de l’Ontario pour renforcer la capacité de surveillance et de détection des espèces envahissantes par l’échange de renseignements, des ateliers et du financement.

Annexe 8 : Habitats et espèces

Objectif : Poursuivre les efforts visant à restaurer, à protéger et à conserver la résilience des espèces indigènes des Grands Lacs et de leurs habitats.

Principales réalisations

  • En 2023, le Canada et l’Ontario ont effectué un relevé de référence des habitats des terres humides côtières, des rives, des hautes terres et des affluents, qui a couvert les quatre Grands Lacs canadiens, leurs réseaux hydrographiques et le fleuve Saint-Laurent. Les communautés autochtones ont participé à l’analyse des données et à la désignation des habitats prioritaires pour la conservation, la protection et la restauration. La même année, le Canada et l’Ontario ont mobilisé les représentants de plus de 130 organisations dans 8 provinces et 9 États américains pour leur communiquer les résultats du relevé de référence des habitats et la façon d’y accéder sur un portail de données ouvertes.
  • Le Canada et l’Ontario collaborent pour évaluer et atténuer la vulnérabilité des espèces aquatiques indigènes et des écosystèmes aux changements climatiques projetés, y compris à la variation et aux tendances de la température et de la couverture de glace.
    • Le Canada, en partenariat avec l’Ontario, des communautés des Premières Nations et des Métis, des offices de protection de la nature et d’autres intervenants, a publié des solutions d’adaptation aux changements climatiques pour les terres humides côtières des Grands Lacs, qui sont utilisées pour éclairer les décisions de gestion des terres humides côtières et pour guider l’élaboration de mesures prioritaires visant à accroître la résilience des terres humides côtières aux effets des changements climatiques.
    • Le Canada et l’Ontario ont publié une nouvelle évaluation scientifique des terres humides côtières des Grands Lacs visant à comprendre leur vulnérabilité aux changements climatiques, à estimer leur sensibilité et à cerner les terres humides les plus menacées de dégradation et de perte. L’évaluation a permis de déterminer les vulnérabilités et les stratégies d’adaptation, et d’appuyer les projets prioritaires visant à améliorer la résilience de deux terres humides côtières près des lacs Érié et Ontario.
  • Le Canada et l’Ontario ont agi pour informer et mobiliser la collectivité des Grands Lacs et la faire participer à la restauration, à la protection et à la conservation en vue d’accroître la résilience des espèces indigènes et de leurs habitats. Par exemple, l’Ontario a formé des bénévoles pour surveiller le succès de la nidification du Pluvier siffleur, une espèce en voie de disparition, et pour sensibiliser les utilisateurs des plages de parcs.
  • L’Ontario continue de protéger, d’améliorer et de restaurer l’habitat et les espèces des Grands Lacs en améliorant notre compréhension des déplacements, du comportement et de l’utilisation de l’habitat par les poissons. De plus, l’Ontario a mis en œuvre des projets axés sur le doré jaune, le grand corégone, le cisco de lac, le grand brochet, le maskinongé et l’esturgeon jaune à divers endroits dans les Grands Lacs. En collaboration avec des partenaires du Système d’observation par télémétrie acoustique des Grands Lacs (GLATOS), y compris des organismes fédéraux canadiens, des organismes fédéraux et étatiques américains et des organismes des Premières Nations et des Métis, l’Ontario a été en mesure d’étendre la portée de ces nombreux projets pour suivre le déplacement des poissons dans l’ensemble des lacs. Les renseignements recueillis dans le cadre de ces études aideront à mieux gérer l’habitat et les espèces afin d’assurer le maintien d’écosystèmes sains.  
     

Priorité : Amélioration de la compréhension et de l’adaptation

Annexe 9 : Qualité des eaux souterraines

Objectif : Obtenir une meilleure compréhension de la façon dont les eaux souterraines influencent la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs et déterminer les zones prioritaires pour les mesures à venir.

Principales réalisations

  • Le Canada codirige un projet pancontinental visant à mettre au point une plateforme de modélisation des eaux souterraines et de surface pour appuyer les évaluations fondées sur les risques ainsi que les décisions de gestion dans les Grands Lacs.
  • Des cartes des échanges entre les eaux souterraines et de surface dans le sud de l’Ontario ont été créées et sont accessibles en utilisation libre. Ces activités permettent de mieux comprendre les interactions entre les eaux souterraines et de surface ainsi que leur incidence sur la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs, et peuvent éclairer les mesures et les décisions de gestion.
  • Des progrès sont réalisés pour déterminer les sources de divers contaminants dans les eaux souterraines et la façon dont ils migrent vers les eaux de surface des Grands Lacs. En 2023, dans le cadre d’un nouveau projet appuyé par l’Ontario, on a commencé à déterminer les emplacements d’où le sel de voirie se déverse directement des eaux souterraines vers les zones littorales de l’ouest du bassin du lac Ontario. Des travaux sont déjà en cours pour localiser les sources (p. ex., sites d’enfouissement, fosses septiques) et les voies par où d’autres substances, comme les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, pénètrent dans les eaux de surface à partir des eaux souterraines.
  • En décembre 2023, le Canada et l’Ontario ont organisé le premier atelier sur la recherche et l’établissement des priorités, dans le cadre duquel des représentants fédéraux, provinciaux et autochtones ont discuté des travaux en cours, des priorités, des lacunes et des prochaines étapes en matière d’activités scientifiques et de recherche relatives aux eaux souterraines et de surface.

Annexe 10 : Résilience et répercussions des changements climatiques

Objectif : Continuer de renforcer la compréhension des répercussions des changements climatiques, de faire progresser l’intégration de ces connaissances dans les stratégies d’adaptation et les mesures de gestion des Grands Lacs et d’aider les collectivités à renforcer leur résilience climatique.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario prennent des mesures pour améliorer la compréhension des tendances et des variations climatiques observées, y compris de leurs effets sur les Grands Lacs. Le Canada a réalisé un projet qui a démontré les répercussions critiques qu’ont eues les changements climatiques des côtés canadien et américain du bassin des Grands Lacs au cours du siècle dernier. En 2021, le Canada a organisé deux ateliers de modélisation climatique qui ont mobilisé le milieu universitaire, les gouvernements fédéraux, provinciaux et étatiques, des municipalités, des organisations sans but lucratif et d’autres intervenants afin d’améliorer la compréhension des tendances climatiques observées et de rendre l’information accessible aux décideurs et au public dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs.
  • L’Ontario a analysé et modélisé des données pour mieux comprendre les répercussions des changements climatiques sur différents types de cours d’eau et communautés de poissons.
  • Le Canada et l’Ontario travaillent avec d’autres intervenants pour accélérer la mise en œuvre des mesures d’adaptation aux changements climatiques et promouvoir l’utilisation d’outils de gestion adaptative dans le bassin des Grands Lacs. Par exemple, en 2023, le pays et la province ont soutenu un projet avec un réseau d’administrations locales afin de renforcer la capacité communautaire d’adaptation aux changements climatiques au moyen de documents d’orientation et de formation. Réalisé en collaboration avec des administrations et des organisations locales, le projet a compris l’élaboration d’un guide municipal d’évaluation du paysage climatique des Grands Lacs, qui aide les collectivités du bassin à évaluer l’état de leur planification et de leur adaptation aux changements climatiques. Cette évaluation leur permet ensuite de recenser et de combler les lacunes en matière d’information et d’accéder aux ressources pour réagir aux changements climatiques.

Priorité : Engagement des collectivités – de la sensibilisation aux mesures

Annexe 11 : De la sensibilisation aux mesures

Objectif : Offrir aux collectivités locales des possibilités d’action pour la restauration, la protection et la conservation des Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada a organisé un forum public Canada–États-Unis sur les Grands Lacs pour discuter de l’état des lacs et des priorités en matière de science et d’action, et recueillir les commentaires du public à ce sujet. Le forum public s’est déroulé sur trois jours en septembre 2022 à Niagara Falls (Ontario) et comprenait des discussions de groupe axées sur les enjeux.
  • Le Canada et l’Ontario ont appuyé des mesures communautaires locales dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs.
    • Au cours des trois premières années de l’ACO de 2021, le Canada a fourni plus de 15 millions en financement pour des projets dirigés par des partenaires dans le cadre d’ÉcoAction et de programmes relatifs aux Grands Lacs. Par exemple, 155 000 $ sur deux ans ont été attribués à un projet visant à mobiliser les collectivités, les organisations non gouvernementales, les Premières Nations et les municipalités dans l’élaboration d’une stratégie de résilience des zones côtières des Grands Lacs et de plans régionaux de gestion et de résilience des zones côtières.
    • Lors de la deuxième ronde du Fonds d’action locale pour les Grands Lacs de l’Ontario, on a accordé du financement à 36 organisations pour réaliser des projets visant à protéger et à restaurer les Grands Lacs et leurs réseaux hydrographiques. Par exemple, dans le cadre d’un projet réalisé dans la région du lac Huron, 133 élèves et 15 enseignants ont participé au nettoyage de déchets, et des élèves d’ateliers locaux ont participé à la conception de stations de nettoyage temporaires. Trois autres projets font participer un partenaire autochtone ou comprennent un volet d’enseignements autochtones liés aux Grands Lacs.
  • Depuis 2021, le Canada et l’Ontario ont collaboré pour cerner les emplacements où des améliorations peuvent être apportées pour aider les collectivités, les élèves et les touristes à mieux se rapprocher et s’inspirer des Grands Lacs dans les parcs provinciaux et nationaux, les aires marines nationales de conservation et les aires protégées. Des études de référence ont été réalisées pour évaluer les initiatives en cours, et des possibilités d’amélioration ont été relevées à l’échelle locale. Les Premières Nations et les Métis participent à des équipes propres au site qui conçoivent ensemble des événements, des programmes, des activités et des initiatives dans des parcs et des aires protégées.

Annexe 12 : Les Métis et les Grands Lacs

Objectif : Refléter les intérêts et le rôle important des Métis en tant que contributeurs à la restauration, à la protection et à la conservation des Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario ont soutenu les Métis en leur donnant des occasions de participer à la mise en œuvre de l’ACO, notamment en offrant du financement provincial et fédéral à la Nation métisse de l’Ontario pour accroître la sensibilisation des Métis aux questions de la qualité de l’eau et de la santé de l’écosystème des Grands Lacs, ce qui comprend :
    • du financement pour appuyer les mesures prises par le Groupe consultatif sur les Grands Lacs de la Nation métisse de l’Ontario qui soutiennent les résultats et les engagements énoncés dans l’ACO;
    • la participation des Métis aux comités de partenariat des Grands Lacs pour les lacs Supérieur, Huron et Érié, qui appuient l’atteinte des résultats énoncés dans l’annexe sur l’aménagement panlacustre de l’ACO;
    • l’appui des Métis dans la réalisation des engagements énoncés dans l’annexe sur les secteurs préoccupants de l’ACO, par la participation et la contribution aux décisions relatives à plusieurs plans d’assainissement pour des SP, dont ceux de la rivière Niagara, de Thunder Bay, du havre Peninsula et de la baie Jackfish.
  • Les coprésidents fédéral et provincial du comité exécutif de l’ACO ont rencontré annuellement les Métis pour discuter des préoccupations relatives aux Grands Lacs ainsi que des priorités et des mesures pour atteindre les objectifs de l’ACO. De plus, un représentant des Métis a été invité à participer aux réunions annuelles du comité exécutif de l’ACO.

Annexe 13 : Les Premières Nations et les Grands Lacs

Objectif : Refléter les intérêts et le rôle important des Premières Nations en tant que contributeurs à la restauration, à la protection et à la conservation des Grands Lacs.

Principales réalisations

  • Le Canada et l’Ontario ont aidé les Premières Nations à réaliser des projets dans les Grands Lacs qui cadrent avec les intérêts et les préoccupations des communautés.En voici des exemples :
    • Le Canada a appuyé les efforts visant à mobiliser de nombreuses communautés des Premières Nations qui consomment des poissons provenant des lacs Supérieur ou Huron pour recueillir et analyser des données sur leur consommation de poisson. Il a également soutenu 45 projets menés par les Premières Nations dans les Grands Lacs.
    • L’Ontario a appuyé les efforts déployés par plusieurs Premières Nations autour du bassin du lac Supérieur pour comprendre leurs habitudes de consommation de poisson, et a aidé les Premières Nations vivant dans le bassin du lac Érié à entreprendre des activités d’intendance par les jeunes à l’appui de l’approche des eaux partagées de la rivière Thames.
  • Le Canada et l’Ontario travaillent avec la Nation anishinabek et ont chacun fourni du financement pour des activités qui font progresser les priorités communes qui cadrent avec les engagements et les résultats énoncés dans l’ACO, notamment :
    • déterminer les priorités en matière de science et d’action qui contribueront à restaurer et à protéger la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème du lac Huron;
    • faire la promotion d’outils que les organisations ou les particuliers peuvent utiliser pour réaliser des activités scientifiques communautaires;
    • soutenir la capacité des Premières Nations membres à participer activement aux occasions d’éclairer, d’orienter et de réaliser des actions collaboratives dans les Grands Lacs;
    • donner aux Premières Nations membres des occasions de communiquer les données provenant de projets dirigés par la collectivité.
  • Les coprésidents fédéral et provincial du comité exécutif de l’ACO ont rencontré annuellement les Premières Nations pour discuter des préoccupations, des priorités et des mesures relatives aux Grands Lacs. De plus, un représentant des Premières Nations a été invité à participer aux réunions annuelles du comité exécutif de l’ACO tenues à ce jour.

Prochaines étapes

Le Canada et l’Ontario demeurent déterminés à faire progresser la mise en œuvre de l’ACO de 2021. Leurs efforts continueront de s’appuyer sur les progrès réalisés afin de relever les défis restants. Un deuxième rapport prévu en 2026-2027 présentera d’autres réalisations ainsi que les mesures prises pour remplir les engagements énoncés dans l’ACO de 2021.