Échantillonnage et analyse du lait de chèvre

Bactéries dans le lait

L’une des principales mesures de la qualité du lait est le nombre de bactéries. Le lait et les produits laitiers de haute qualité sont fabriqués à partir de lait qui contient un faible nombre de bactéries. Si un nombre élevé de bactéries est signalé, les producteurs doivent prendre des mesures immédiates pour en déterminer la cause et corriger le problème.

Diagnostic du nombre élevé de bactéries

Lorsque le nombre de bactéries est élevé, les producteurs peuvent prendre les mesures suivantes :

  1. Vérifier la température du lait et être conscient de la vitesse de refroidissement du lait. Pour obtenir des renseignements sur le refroidissement adéquat, consultez Refroidissement du lait.
  2. Vérifiez la température de l’eau de lavage au début et à la fin du cycle de lavage avec des alcalins chlorés (savon). Les températures de début du cycle de lavage ne doivent pas être inférieures à 77 °C (170 °F) et les températures de fin de cycle ne doivent pas être inférieures à 49 °C (120 °F). Une fois que l’équipement a eu le temps de se vider et de sécher, inspectez visuellement la canalisation, les tuyaux de lait, les manchons-trayeurs et toute autre surface en contact avec le lait pour détecter la présence de pellicules. Observez un cycle de lavage complet de l’équipement de traite et de refroidissement. Vous constaterez peut-être qu’une pompe ou une valve est usée et ne fonctionne pas correctement, ou que les produits chimiques de nettoyage ne sont pas distribués comme il se doit.
  3. Consultez votre détaillant d’équipement et/ou l’inspecteur de la salubrité des aliments pour discuter des résultats et organiser une inspection d’assistance à la qualité.
  4. Utilisez le Test californien de dépistage des mammites (CMT) ou une tasse-filtre pour dépister les problèmes de santé du pis chez les chèvres.

Refroidissement du lait

Un refroidissement rapide à la ferme est essentiel au maintien de la qualité du lait. Les bactéries se multiplient rapidement lorsque le lait est conservé à plus de 4 °C (40 °F) ou s’il est refroidi trop lentement, ce qui peut rapidement entraîner une détérioration de la qualité. Plus le lait est refroidi rapidement, plus le nombre de bactéries sera faible, ce qui se traduira par des produits laitiers finis de meilleure qualité.

La première traite, qui entre dans un réservoir de vrac vide et propre, prend généralement plus de temps à refroidir que le lait qui entre dans un réservoir de vrac qui contient déjà du lait réfrigéré. Le refroidissement doit être activé dès que possible lors de la première traite tout en veillant à ce que le lait ne gèle pas. Consultez votre fournisseur de services d’équipement pour obtenir des recommandations sur le moment d’activer le refroidissement pour votre réservoir et votre volume de lait. Les premières traites doivent refroidir entre 0 °C et 4 °C (32 °F à 40 °F) dans les 2 heures suivant la fin de la traite.

Les traites subséquentes doivent atteindre 0 °C à 4 °C (32 °F à 40 °F) dans l’heure suivant la fin de la traite. La température du mélange de lait ne doit jamais dépasser 10 °C (50 °F) lors de ces traites subséquentes.

Une fois le lait refroidi, sa température doit être maintenue entre 0 °C et 4 °C (32 °F à 36 °F) pendant toute la durée de l’entreposage. La température d’entreposage idéale pour le lait en vrac entre les traites est de 1 °C à 2 °C. Confirmez les critères d’acceptation liés à la température du lait au moment du ramassage auprès de votre courtier laitier.

Conseils pour assurer le bon fonctionnement du réservoir de refroidissement

  • Vérifiez la température du lait avant chaque traite.
  • Lors de la première traite, allumez le système de refroidissement dès que le lait atteint la palette de l’agitateur (le lait peut geler sur les côtés du réservoir s’il est allumé avant ce point et peut causer des défauts tels qu’un mauvais goût ou un problème de point de congélation).
  • Vérifiez la température du lait après chaque traite.
  • Vérifiez régulièrement le thermomètre par rapport au thermomètre du préposé au classement du lait en réservoir (PCLR) pour vérifier la précision.
  • Faites vérifier le niveau de réfrigérant de refroidissement si vous remarquez une augmentation du temps de refroidissement.
  • Gardez le radiateur du condenseur propre et assurez-vous que le flux d’air peut être maintenu à tout moment de l’année.

Lait rejeté

Parfois, le lait ne répond pas aux normes réglementaires et doit être rejeté par le PCLR. Les critères utilisés pour déterminer quand le lait est acceptable et quand il doit être rejeté sont fournis dans le Règlement 761 – Lait et produits du lait pris en application de la Loi sur le lait.

Le paragraphe 51 (1) du règlement exige qu’un PCLR rejette le lait :

  • soit qui n’est pas propre
  • soit qui a une saveur ou une odeur désagréable
  • soit qui se révèle aqueux, floconneux, filant, taché de sang, épais ou frelaté
  • soit à la surface duquel flotte du gras fondu ou baratté
  • soit qui contient une substance étrangère

De plus, les PCLR pourront rejeter le lait qu’ils ne sont pas en mesure de classer adéquatement, y compris par la vue ou l’odorat, en raison de conditions non conformes à la laiterie et aux alentours.

Procédures de rejet du lait

Le lait qui ne répond pas aux critères de classement est appelé lait rejeté et doit être laissé dans le réservoir de vrac par le PCLR. Le lait rejeté ne peut pas être commercialisé. La décision du PCLR de rejeter un réservoir de lait est définitive.

Si le PCLR détermine que le lait doit être rejeté, il doit laisser le lait dans le réservoir de vrac et suivre les étapes suivantes :

  1. Remplir une étiquette de rejet rouge, indiquant la raison du rejet, et l’attacher au réservoir. Indiquer clairement la raison du rejet sur le reçu de collecte du lait.
  2. Tenter d’aviser le producteur.
  3. Aviser le courtier laitier dès que possible.
  4. Aviser le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Agroentreprise (MAAAO).

Responsabilité du producteur

Les producteurs sont responsables de ce qui suit :

  • vider le réservoir de lait rejeté
  • disposer du lait d’une manière approuvée pour l’environnement
  • laver le réservoir avant la prochaine traite

Les courtiers laitiers surveilleront les réservoirs de lait subséquents pour détecter les irrégularités dans le volume.

Utilisation et entretien des louches

Les échantillons de lait réglementaires doivent être prélevés dans des conditions sanitaires, en veillant à ce qu’il n’y ait pas de contamination possible de l’échantillon de lait en raison de la technique d’échantillonnage ou des outils d’échantillonnage utilisés. Les PCLR transportent une réserve de pailles stériles emballées individuellement destinées à prélever un échantillon de lait en vrac à chaque collecte.

Lorsque les volumes des réservoirs de vrac sont faibles et que le PCLR ne peut pas atteindre le lait, le producteur doit fournir une louche d’échantillonnage. Le producteur et le PCLR ont tous deux des responsabilités quant à l’utilisation et à l’entretien des louches d’échantillonnage.

Responsabilités du producteur

Les producteurs doivent :

  • fournir une louche d’échantillonnage à la demande du PCLR
  • s’assurer que la louche d’échantillonnage est faite d’un matériau de qualité alimentaire (comme l’acier inoxydable ou le plastique dur) qui est facile à nettoyer et a des surfaces lisses sans fissures ni bords rugueux. Le ruban adhésif, la rouille, les rallonges en bois et les surfaces peintes sont inacceptables
  • s’assurer que la louche d’échantillonnage est propre. Il est recommandé aux producteurs de nettoyer la louche après chaque utilisation avec de l’eau chaude et un nettoyant approprié, de la rincer et de la ranger dans un endroit propre et sec jusqu’à la prochaine utilisation. Les louches en plastique laissées dans un évier se dégradent souvent plus rapidement en raison de l’exposition accrue aux produits chimiques et à la chaleur
  • fournir un contenant approprié rempli d’une solution désinfectante préparée conformément aux instructions de l’étiquette. Par exemple, une solution de chlore à 200 ppm est recommandée pour désinfecter l’équipement de traite et peut être préparée en mélangeant 10 ml (⅓ d’once) de désinfectant chloré (hypochlorite de sodium à 12 %) avec 4 L (un gallon) d’eau. Les solutions désinfectantes perdent de leur force avec le temps et doivent être préparées juste avant chaque collecte de lait
  • placer la louche dans le contenant de solution désinfectante fraîchement préparée avec un temps de contact d’au moins 2 minutes le jour de la collecte, avant la collecte du lait
  • nettoyer et rincer la louche et la remettre dans un endroit propre et sec pour l’entreposer jusqu’à la prochaine utilisation après la cueillette du lait

Responsabilités du PCLR

Les PCLR doivent :

  • retirer la louche d’échantillonnage du contenant de solution désinfectante, en prenant soin de ne pas toucher les surfaces
  • ne pas rincer la louche à l’eau du robinet ou la poser
  • rincer la louche dans du lait en vrac au moins deux fois pour éliminer toute solution désinfectante résiduelle
  • remplir soigneusement le flacon d’échantillon de lait jusqu’à la ligne de remplissage du flacon
  • rincer la louche à l’eau du robinet et la placer dans l’évier

Nettoyage et désinfection de l’équipement

Un nettoyage efficace nécessite une attention particulière à des détails spécifiques liés à la durée de chaque cycle de nettoyage (temps), à la température, à la résistance chimique (le cas échéant) et à l’action physique pendant :

  • le pré-rinçage
  • le lavage à chaud
  • le rinçage acide
  • l’assainissement

Toutes les étapes de nettoyage doivent être effectuées avec de l’eau potable ou de qualité potable. Consultez Importance de la qualité de l’eau pour plus d’informations.

Tous les produits chimiques de nettoyage et d’assainissement doivent être approuvés pour une utilisation dans les exploitations laitières. Un produit chimique approuvé aura un numéro d’identification du médicament (DIN) et sera étiqueté pour être utilisé dans les produits laitiers.

Pour les systèmes de traite Nettoyage en place (NEP) tels que les pipelines, travaillez avec votre fournisseur de produits chimiques de nettoyage pour vous assurer que les solutions de nettoyage sont suffisamment résistantes et à température, et que les cycles sont suffisamment longs pour fonctionner efficacement. Les instructions et les procédures de nettoyage de chaque pièce d’équipement du NEP doivent être à jour et affichées dans la laiterie.

Le système d’aspiration, y compris la pompe, le réservoir de distribution, les conduites, les tuyaux, les pulsateurs et les régulateurs, doit être maintenu propre. Obtenez des instructions de votre fournisseur de services d’équipement sur la façon de nettoyer et d’entretenir votre système d’aspiration.

Pour l’équipement qui nécessite un nettoyage manuel, utilisez des nettoyants spécialement formulés pour le nettoyage manuel de l’équipement de traite et suivez les instructions de l’étiquette.

Il y a 4 étapes de base pour nettoyer l’équipement de traite.

Ce sont des recommandations générales. Vous devez travailler avec vos fournisseurs d’équipement et de produits chimiques pour connaître les paramètres spécifiques de la concentration chimique, de la température de la solution et de la durée du cycle.

Étape 1 : Pré-rinçage

Immédiatement après chaque traite, rincez toutes les surfaces en contact avec le lait à l’eau potable tiède entre 46 °C et 49 °C (115 °F et 120 °F). Il est important de rester dans ces plages de température. Si la température de l’eau de rinçage est trop élevée, les résidus de lait peuvent cuire et les rendre plus difficiles à éliminer. Si l’eau de rinçage est trop froide, les résidus de matière grasse du lait peuvent se solidifier, ce qui les rend plus difficiles à éliminer plus tard.

Rincez jusqu’à ce que la majorité des résidus de lait soient éliminés ou jusqu’à ce que l’eau de rinçage soit claire. Videz toute l’eau de pré-rinçage vers un système de manipulation approuvé. Ne remettez pas en circulation le pré-rinçage.

Ne laissez pas l’eau de pré-rinçage avec des résidus de lait visibles pénétrer dans un bassin de sédimentation ou une fosse septique.

Étape 2 : Lavage à chaud

Faites circuler une solution chaude de nettoyant alcalin chloré dans l’équipement pour éliminer les graisses et les protéines. La solution de lavage à chaud doit avoir une température initiale de 77 °C (170 °F). Ne laissez pas la température de l’eau descendre en dessous de 49 °C (120 °F) à la fin du cycle de lavage. Des températures plus froides pourraient permettre à la graisse du lait de commencer à se déposer à nouveau sur les surfaces des pipelines ou des réservoirs.

Pendant le cycle de lavage à chaud, surveillez que :

  • l’alcalinité se situe entre 1100 et 1200 ppm (ce qui est supérieur aux 900 ppm requis pour le lait de vache). Votre fournisseur de produits chimiques peut le confirmer.
  • le pH est d’au moins 12. Cela peut être facilement surveillé avec des bandelettes de pH qui indiquent entre 1 et 14.
  • la concentration de chlore dans le cycle de lavage se situe entre 100 et 200 ppm. Votre fournisseur de produits chimiques peut le confirmer.

Étape 3 : Rinçage acide

Faites circuler un rinçage acide après avoir correctement drainé la solution de lavage à chaud. Laissez l’équipement s’égoutter et sécher.

Un rinçage acide présente plusieurs avantages :

  • il élimine les alcalins chlorés résiduels et empêche l’accumulation de minéraux tels que la pierre de lait
  • il laisse les surfaces de l’équipement avec un environnement de pH acide qui décourage la croissance des bactéries
  • il aide à empêcher les pièces en caoutchouc noir de se détériorer et de tâcher

Étape 4 : Assainissement

Immédiatement avant la traite, désinfectez toute surface en contact avec le lait avec un désinfectant approuvé. Vérifiez l’étiquette du contenant ou demandez à votre fournisseur la concentration et la température appropriées du cycle d’assainissement. Une température inadéquate peut réduire l’efficacité de la désinfection.

Importance de la qualité de l’eau

L’eau utilisée pour alimenter votre laiterie pour nettoyer votre équipement et nourrir vos animaux (qui dans la plupart des cas est la même eau que celle qui alimente la ferme) doit respecter les mêmes normes que l’eau potable. Le Règlement 761 de la Loi sur le lait exige que toutes les laiteries disposent d’un approvisionnement suffisant en eau chaude et froide potable. Les normes de qualité de l’eau potable de l’Ontario décrivent l’eau potable comme n’ayant aucun E. coli et zéro coliforme par 100 ml.

L’eau contaminée par certaines bactéries peut causer de graves problèmes de santé animale qui affectent directement la qualité du lait. Les coliformes, comme E. coli, sont un signe de contamination fécale de l’approvisionnement en eau et peuvent augmenter le risque de mammite dans le troupeau. Les bactéries Pseudomonas sont très courantes dans les sources d’eau et, en grand nombre, peuvent également causer une mammite. Les bactéries Pseudomonas peuvent également facilement créer des biofilms tenaces qui adhèrent aux surfaces de l’équipement et libèrent par intermittence des niveaux élevés de bactéries dans la production de lait.

Les problèmes qui découlent de la mauvaise qualité de l’eau ne se limitent pas à la qualité bactériologique. L’eau dure, les solutions tampons et les sédiments peuvent réduire l’efficacité des nettoyants, des acides et des désinfectants alcalins chlorés dans votre équipement de traite. Une eau boueuse ou trouble peut indiquer qu’il y a des sédiments ou des niveaux élevés de particules de sol flottantes dans votre approvisionnement en eau. En présence de nettoyants alcalins, ces particules peuvent se déposer hors de l’eau et se déposer sur l’équipement de traite. Cela crée une possibilité pour un biofilm de se former et d’affecter négativement la qualité de votre lait.

Eau dure

L’eau dure, contenant des niveaux élevés de calcium ou de sels minéraux, réduit l’efficacité des nettoyants et peut causer de graves problèmes qui seront coûteux à régler à long terme. Le tartre peut également s’accumuler dans l’équipement de traite, ce qui facilite le dépôt de la pierre de lait et entraîne éventuellement un problème de biofilm.

L’eau dure peut également raccourcir la durée de vie de votre chauffe-eau. Lorsque l’eau dure s’accumule sur les éléments d’un chauffe-eau, cela ralentit le réchauffement de l’eau et l’empêche d’atteindre la température appropriée d’au moins 76 °C. Cela peut permettre à certaines bactéries de proliférer dans l’eau, ce qui peut compromettre la qualité de votre lait. Une première étape importante de la mise en place et de l’évaluation d’un système de lavage de l’équipement de traite comprend l’analyse des propriétés de dureté de l’eau. Consultez votre détaillant d’équipement qui est formé pour effectuer ces tests.

Si votre eau contient plus de 10 grains par gallon de dureté, envisagez d’installer un adoucisseur d’eau. Une eau plus douce nettoiera votre équipement de traite plus efficacement tout en réduisant la quantité de produits chimiques de nettoyage nécessaires, ce qui vous permettra d’économiser de l’argent tout en améliorant la qualité de votre lait.

Analyses d’eau

Des bouteilles d’échantillons d’eau pour les tests de bactéries sont disponibles à votre bureau de santé publique local. Consultez votre bureau de santé publique pour connaître la bonne technique d’échantillonnage.

Étant donné que la qualité de l’eau peut fluctuer tout au long de l’année, il est important de procéder à des tests aux moments où le risque de contamination des puits est plus élevé, comme pendant le ruissellement printanier, après de fortes pluies ou si vous remarquez des changements dans la couleur ou l’odeur de l’eau. Les changements dans l’utilisation des terres à proximité des puits et la réparation des puits peuvent également avoir une incidence sur la qualité de l’eau et sont donc de bons moments pour faire des essais.

Tout le monde devrait connaître et analyser l’eau de son propre puits par souci de sa propre santé, de la santé de ses animaux et de l’impact qu’elle peut avoir sur la qualité de son lait.

Bonne filtration du lait

Le but de la filtration est de séparer les particules solides en suspension dans le lait avant qu’elles n’atteignent le réservoir de vrac. L’importance des filtres à lait dans toute ferme laitière peut facilement être négligée, mais ils offrent des avantages importants en aidant à :

  • fournir du lait de haute qualité aux transformateurs laitiers
  • identifier la mammite et d’autres problèmes de santé du pis
  • identifier une litière insuffisante ou un environnement insalubre
  • s’assurer que les refroidisseurs à plaques restent propres, exempts de débris et fonctionnels

Le filtrage du lait est également une exigence réglementaire. Le paragraphe 5 (2) du Règlement 761 pris en application de la Loi sur le lait indique qu’il est interdit au producteur de vendre ou de mettre en vente du lait qui n’a pas été filtré au moyen d’un filtre à usage unique ou d’un filtre à tamis en acier inoxydable approuvé.

Comment fonctionne la filtration

Lorsque le lait cru est pompé sur la surface poreuse du filtre à lait, il crée une différence de pression des deux côtés du filtre et force les particules plus petites que la taille des pores du filtre à lait (comme les bactéries, les cellules somatiques, l’eau, les graisses, les protéines, les minéraux) à passer. La taille des pores du filtre à lait varie de 100 à 250 micromètres, tandis que les bactéries sont beaucoup plus petites, généralement de 1 à 10 micromètres. Les particules plus grosses que la taille des pores (comme la paille, les poils, les flocons, les caillots ou les insectes) sont prises sur le filtre, les empêchant de pénétrer dans le réservoir de vrac.

Emplacement du filtre à lait

Les filtres à lait ne doivent être installés que du côté refoulement de la pompe à lait, généralement dans le pipeline entre la pompe à lait et le réservoir de vrac. Dans les systèmes avec refroidisseurs à plaques, le filtre à lait est toujours situé entre la pompe à lait et le refroidisseur à plaques pour assurer que le lait est chaud lors du filtrage et pour empêcher les débris de pénétrer dans le refroidisseur à plaques. Il est également à noter que le lait chaud (36 °C à 38 °C) peut être filtré facilement, tandis que le lait froid bloque les filtres jetables.

Types de filtres à lait

Les filtres à lait jetables modernes sont fabriqués à partir de matériaux de qualité alimentaire avec une résistance élevée à l’humidité, une couture robuste et des pores uniformément dimensionnés et répartis pour une filtration constante et fiable. Les producteurs qui traitent avec un pipeline utilisent généralement un filtre de type chaussette. Les producteurs trayant à la main ou avec des seaux utiliseront un disque filtrant. Voir la figure 1.

Un filtre à lait avec un disque filtrant correctement fixé

Figure 1. Un filtre à lait avec un disque filtrant correctement fixé.

Il peut y avoir un léger avantage à utiliser un filtre de couleur bleue, car les caillots ou les flocons, indiquant une mammite, peuvent être plus visibles sur un filtre bleu.

Dimension des filtres à lait

Les filtres sont offerts dans une variété de tailles et de poids de tissu pour répondre aux besoins des producteurs de chèvres laitières. Un filtre surdimensionné pour le système de traite n’est pas rentable, alors qu’un filtre à lait trop petit a une surface insuffisante pour un filtrage efficace.

Lorsque les filtres à lait sont trop petits, le débit pendant la séance de traite diminue graduellement à mesure que les débris s’accumulent sur le filtre. Cela pourrait faire en sorte que le lait contourne le filtre ou, dans certains cas, que le filtre se déchire. Le système de traite peut également « se bloquer », ce qui signifie que le lait dans le bocal récepteur s’écoule vers le piège sanitaire et fait monter la boule ou le flotteur, ce qui arrête le système de traite. Si cela se produit, un nettoyage manuel supplémentaire du siphon et de la tuyauterie du siphon est souvent nécessaire.

Les producteurs qui agrandissent leur salle de traite doivent travailler en étroite collaboration avec leur détaillant d’équipement pour obtenir des conseils sur le choix de la bonne taille de filtre à lait. Si un producteur éprouve des problèmes fréquents avec les filtres à lait, il devrait travailler avec son détaillant d’équipement ou un inspecteur de la salubrité des aliments du MAAAO pour en déterminer la cause profonde.

Considérations relatives aux refroidisseurs à plaques

Une mauvaise filtration du lait permet aux débris de pénétrer dans le refroidisseur à plaques, ce qui entraîne une accumulation dans les plaques de refroidissement. L’impact est une réduction de l’efficacité de l’échange de chaleur ainsi qu’un refroidisseur à plaques sale, ce qui entraînera éventuellement des résultats élevés de Bactoscan (bactéries). L’utilisation d’un nouveau filtre avant et après chaque lavage du pipeline permet de s’assurer que les débris et les sédiments ne passent pas dans les plaques de refroidissement.

Si des anomalies sont observées sur le filtre

Des flocons visibles ou d’autres anomalies sur le filtre à lait indiquent une élévation de la numération des cellules somatiques (NCS) dans le pis d’une ou de plusieurs chèvres. Envisagez d’utiliser une tasse-filtre et/ou le CMT lors de la traite suivante pour essayer d’identifier la ou les chèvres problématiques. Si vous avez des compteurs de lait de chèvre individuels, vous pouvez également vérifier une baisse de la production de lait ou un changement dans la conductivité du lait pour isoler le problème.

Si vous utilisez un filtre à disque et que vous observez que le lait filtre lentement à travers la passoire, cela peut également indiquer une NCS élevée. Envisagez d’utiliser le CMT pour aider à identifier la ou les chèvres problématiques.

Si le filtre à lait semble contenir plus de résidus que d’habitude, réévaluer la propreté de l’environnement, y compris les enclos et les aires d’attente, et revoir les procédures de préparation du pis. Les filtres à lait indiquent souvent que les mesures de lutte contre les mouches doivent être améliorées.

Dans certains cas, les producteurs ayant un grand groupe de chèvres en chaleur ont remarqué de légers changements dans la composition du lait, ce qui peut entraîner l’obstruction des filtres à lait. Les producteurs dans cette situation devraient envisager de passer à un autre type de filtre pendant cette période. Vérifiez auprès de votre fournisseur si les filtres à lait sont moins sujets à l’obstruction.

Entreposage des filtres à lait

Entreposez les filtres à lait dans un endroit propre et protégé de l’humidité et de la poussière (voir les figures 2 et 3). La lourde boîte de carton dans laquelle les filtres sont livrés peut suffire, mais les filtres à disque sont souvent livrés dans une boîte de carton légère et doivent être transférés dans un contenant solide, étanche à la poussière et à l’humidité pour le rangement. Pour éviter la contamination, les filtres à lait ne doivent jamais être conservés dans une armoire ou un réfrigérateur contenant des drogues ou des médicaments.

Un contenant de rangement pour filtres étanche à la poussière et à l’eau

Figure 2. Un exemple de récipient de stockage avec filtre étanche à la poussière et à l’eau.

Un autre type de contenant de rangement pour filtres étanche à la poussière et à l’eau

Figure 3. Un autre exemple de récipient de stockage avec filtre étanche à la poussière et à l’eau.

Changer les filtres à lait

Pour éviter de laver l’équipement avec un filtre sale, il est conseillé aux producteurs qui ont des refroidisseurs à plaques de changer leurs filtres à lait une fois la traite terminée et avant le lavage du pipeline. L’installation d’un autre filtre propre avant la prochaine traite garantit que les débris pris dans le cycle de lavage n’auront pas d’impact sur la qualité des traites subséquentes.

Les producteurs qui n’ont pas de refroidisseur à plaques doivent retirer le filtre en ligne avant de commencer le lavage. Le porte-filtre/ressort peut être lavé en ligne ou laissé dans l’évier de lavage selon le type de joint utilisé pour connecter le pipeline pour le lavage. Ne lavez pas le pipeline avec un filtre en place, en particulier un filtre usagé. Les filtres peuvent réduire le débit dans la conduite d’évacuation pendant le cycle de lavage et réduire l’efficacité du nettoyage.

Lors du changement ou de l’installation des filtres :

  • soyez prudent pour éviter la contamination du filtre. Assurez-vous que vos mains sont propres ou que vous portez des gants propres lorsque vous changez les filtres (figure 4)
  • vous pouvez choisir de mouiller le filtre (par exemple, le tremper dans une solution désinfectante pour évier de lavage) avant l’installation, pour aider le filtre à glisser facilement dans le pipeline
  • les filtres à lait sont destinés à un usage unique. Vous ne devriez pas essayer de réutiliser un filtre à lait jetable, car cela réduirait la qualité du lait

L’installation d’un nouveau filtre

Figure 4. Faites attention à éviter la contamination lors de l’installation d’un nouveau filtre.

Élimination des filtres à lait

Les filtres doivent être examinés de près après chaque traite. Une bonne pratique consiste à rincer soigneusement le filtre à lait pour éliminer tout résidu avant de le jeter dans une poubelle avec un couvercle.

Les filtres à lait doivent être retirés régulièrement de la laiterie, car même rincé, un filtre à lait peut attirer les mouches et devenir une zone de reproduction des mouches.

Inhibiteurs

Lorsqu’ils traitent le bétail avec des antibiotiques ou d’autres médicaments, les producteurs doivent prendre les précautions nécessaires pour éviter la présence de résidus dans le lait qui va sur le marché. Tous les résidus, y compris les antibiotiques, qui empêchent ou inhibent la croissance des bactéries sont appelés inhibiteurs.

Les résidus d’antibiotiques dans les aliments sont préoccupants, parce qu’ils ont été associés à des réactions allergiques graves et à la propagation de la résistance bactérienne aux antibiotiques utilisés en médecine humaine. Si des antibiotiques sont présents dans le lait, ils peuvent réduire ou détruire l’activité de la culture de démarrage utilisée dans la fabrication du fromage et du yogourt, ce qui entraîne des pertes économiques considérables pour les transformateurs.

Les camions de lait sont analysés pour détecter la présence d’inhibiteurs avant d’être déchargés dans les usines de transformation. Si le résultat de l’analyse est positif pour la présence d’un inhibiteur (un inhibiteur positif), des échantillons du réservoir de vrac sont utilisés pour retracer l’inhibiteur jusqu’à la ferme d’origine et peut entraîner des pénalités financières. Les inhibiteurs positifs sont souvent le résultat d’une mauvaise utilisation de médicaments ou d’un défaut de communication à la ferme.

Pratiques exemplaires pour prévenir les inhibiteurs dans le lait

Vous devriez faire ce qui suit pour empêcher les inhibiteurs de contaminer le lait :

  • n’administrez les médicaments que sur les conseils de votre vétérinaire
  • suivez les instructions précises du vétérinaire pour la méthode d’administration (par voie intramusculaire ou orale), la dose et le moment de l’administration
  • identifiez les animaux qui ont été traités avec des antibiotiques (animaux traités) à l’aide de marques ou de bandes. Assurez-vous que toutes les personnes impliquées dans la traite savent quels animaux ont été traités
  • suivez des procédures de traite spéciales pour les animaux prenant des médicaments afin de vous assurer que le lait est gardé hors du réservoir jusqu’à ce que le temps de retenue recommandé soit écoulé
  • respectez le temps de retenue du lait spécifié par votre vétérinaire
  • consignez de façon écrite et permanente les animaux traités, les doses, les dates d’administration et les délais d’attente (lait et viande)
  • si vous n’êtes pas certain de la présence de résidus d’antibiotiques, analysez le lait à l’aide d’une trousse de test d’inhibiteur appropriée avant de rentrer les femelles traitées dans la traite normale

Si vous soupçonnez que du lait traité est entré par erreur dans le réservoir de vrac :

  • arrêtez la traite
  • jetez le lait déjà présent dans le réservoir de vrac ou communiquez avec votre vétérinaire pour organiser des tests d’inhibiteurs du lait dans le réservoir de vrac
  • avisez votre transporteur de lait pour vous assurer que le lait en question n’est pas ramassé jusqu’à ce qu’un résultat soit connu, si nécessaire
  • rincez et nettoyez soigneusement le réservoir de vrac et tout l’équipement de traite, y compris les tuyaux et les pipelines, avant de reprendre la traite si le lait est jeté

Analyse du lait suspect

Si vous n’êtes pas certain de la contamination par les antibiotiques, faites analyser le lait avant l’expédition. Des trousses d’analyse spécifiques pour le lait de chèvre sont disponibles pour les familles des médicaments bêta-lactamine, tétracycline, sulfamide, macrolide, néomycine, streptomycine et gentamicine. Chaque test a ses propres avantages et limites en termes de coût, de vitesse, de sensibilité et d’efficacité. Veuillez noter que certaines trousses d’analyse ne sont approuvées que pour le lait de vache et peuvent produire des résultats d’analyse inexacts lorsqu’elles sont utilisées pour tester le lait de chèvre.

Les services de dépistage sont disponibles auprès :

Les producteurs peuvent également acheter leurs propres trousses d’analyse auprès de n’importe quel important fournisseur de trousses d’analyse pour le marché nord-américain des chèvres laitières.

Utilisation de médicaments en dérogation des directives de l’étiquette chez les chèvres laitières

Il n’existe aucun antibiotique approuvé pour les chèvres au Canada. Toute utilisation est donc considérée comme une utilisation de médicaments en dérogation des directives de l’étiquette (UMDDE).

L’UMDDE est définie comme suit :

  • Administration à une espèce ou à une classe de production différente de celle indiquée sur l’étiquette. Les différentes classes de production comprennent les animaux en lactation, secs ou sevrés
  • administration d’une dose différente de celle indiquée sur l’étiquette
  • administration d’un volume par point d’injection différent de celui indiqué sur l’étiquette
  • administration par une voie différente de celle indiquée sur l’étiquette (par exemple, intramammaire plutôt qu’intramusculaire)
  • administration à un intervalle (fréquence) différent de celui indiqué sur l’étiquette
  • administration pour une durée (temps) différente de celle indiquée sur l’étiquette
  • administration pour une indication (fin) différente de celle indiquée sur l’étiquette

Effet de l’UMDDE sur les délais d’attente pour le lait et la viande

Les produits laitiers et carnés provenant d’animaux traités ne peuvent pas être commercialisés avant que la période minimale après l’administration de la dernière dose de médiation ne soit écoulée. C’est ce qu’on appelle le délai d’attente. Les délais d’attente du lait et de la viande de chèvre sont différents de ceux des bovins.

Les délais d’attente des médicaments pour les produits utilisés en dérogation des directives de l’étiquette, comme sur les chèvres, sont fondés sur des études scientifiques et des limites maximales de résidus (LMR) établies, mais comme aucune LMR n’a été établie pour un médicament dans le lait ou les tissus des chèvres, toute quantité détectée dans leur lait ou leurs tissus constitue une infraction à la réglementation. C’est l’une des raisons pour lesquelles les délais d’attente des chèvres sont plus longs que ceux des bovins.

Diagnostic des résidus d’antibiotiques dans le lait de chèvre

Tableau 1. Causes et mesures préventives des résidus d’antibiotiques dans le lait de chèvre.
Cause des résidus d’antibiotiquesMesures préventives
Utilisation inappropriée de médicamentsConsultez un vétérinaire et suivez attentivement les instructions.
Mauvaise communication entre le personnel de l’étable, comme la personne qui a soigné l’animal, et la personne qui traitAffichez l’information sur le traitement médical sur un tableau d’affichage ou un babillard pour s’assurer que les personnes qui traient sont au courant de l’identification des chèvres traitées et du délai d’attente approprié.

S’assurer que la procédure opérationnelle normalisée (PON) pour les chèvres traitées est disponible pour que tout le personnel puisse les lire pendant la formation.
Aucun registre permanent des traitementsCréer un registre permanent de tous les traitements.
Oubli de la chèvre traitée ou mauvaise identification de la chèvre traitéeAvant d’administrer le traitement, marquez toutes les chèvres à traiter d’une manière facilement reconnaissable (comme un marqueur par pulvérisation ou du ruban adhésif de couleur) et séparez-les du troupeau laitier.
Les chèvres taries qui suivent un traitement ne sont pas séparées des chèvres laitièresUtiliser les tests antibiotiques appropriés pour identifier les chèvres traitées.

Séparer les chèvres taries qui suivent un traitement des chèvres laitières.
Une unité de traite distincte n’est pas utilisée pour les chèvres traitéesTraire les chèvres traitées en dernier ou utiliser un équipement distinct pour s’assurer que le lait contaminé ne pénètre pas dans la production de lait.
L’unité de traite n’est pas nettoyée correctement entre les chèvres traitées et non traitéesNettoyer soigneusement l’unité de traite et toutes les autres surfaces de contact avec le lait potentiellement contaminées entre les chèvres traitées et non traitées.
Le pipeline est utilisé comme source de vide pour traire les chèvres qui suivent un traitement à l’aide d’une trayeuse à seau.Demandez au détaillant d’équipement d’installer une entrée séparée dans la conduite de vide pour l’utiliser au lieu du pipeline.
Ne pas garder tout le lait des deux moitiés du pis hors du réservoir de vracJeter tout le lait des chèvres traitées.
Chèvres en lactation qui accèdent accidentellement à des médicaments, à des aliments médicamenteux ou à des lacto-remplaceurs médicamenteuxAssurez-vous que tous les médicaments, y compris les aliments médicamenteux et les lacto-remplaceurs, sont entreposés de manière appropriée et sécuritaire pour éviter leur exposition accidentelle avec les animaux.

Pour plus d’informations sur la façon d’empêcher les antibiotiques de pénétrer dans votre réservoir de lait en vrac, communiquez avec un inspecteur de la salubrité des aliments du MAAAO ou le coordonnateur du Programme de contrôle de la qualité du lait cru en envoyant un courriel à dairyfoodsafety@ontario.ca. Vous pouvez également communiquer avec le Centre d’information agricole par téléphone au 1 877 424-1300.

Point de congélation

Un point de congélation anormal indique que la composition du lait est anormale.

Des points de congélation anormaux peuvent survenir si :

  • l’eau ou la solution de lavage du système s’est mélangée au lait dans le réservoir de vrac
  • il y a du lait congelé dans le réservoir de vrac lorsque l’échantillon est prélevé
  • le lait n’a pas été mélangé correctement avant l’échantillonnage
  • la composition du lait est anormale pour toute autre raison, comme un déséquilibre alimentaire

Les changements dans la concentration de solides (comme les matières grasses, les protéines, le lactose) dans le lait feront geler le lait à différentes températures. La dilution du lait avec de l’eau donne progressivement un point de congélation plus proche de celui de l’eau (0 °C).

Un point de congélation d’un échantillon de lait de chèvre est considéré comme anormal s’il est égal ou supérieur à -0,534 °C. Voir la figure 5.

Températures du point de congélation indiquant les plages normales et anormales

Figure 5. Températures du point de congélation

Le Règlement 761 pris en application de la Loi sur le lait ne permet pas aux producteurs de vendre du lait qui contient une substance étrangère ou qui a un point de congélation anormal. Le MAAAO teste régulièrement le point de congélation du lait de chaque producteur. Si votre échantillon de lait en vrac est analysé et que le point de congélation est anormal, vous serez avisé dans le rapport mensuel de résultats des analyses.

Diagnostic d’un point de congélation anormal

Pour diagnostiquer un point de congélation anormal :

  • vérifiez la pente du pipeline de lait pour s’assurer que tous les liquides s’écoulent complètement des conduites après les cycles de lavage, de rinçage et d’assainissement
  • assurez-vous que le récepteur est vidangé après le cycle d’assainissement
  • assurez-vous que le réservoir de vrac s’est vidangé après le cycle d’assainissement
  • ne pas faire passer le lait dans le pipeline et dans le réservoir de vrac avec de l’eau après la traite
  • assurez-vous d’avoir installé un disjoncteur de sécurité du pipeline qui fonctionne correctement pour éviter l’ajout accidentel d’eau de lavage dans le réservoir de vrac
  • consultez votre fournisseur d’équipement pour savoir comment vérifier s’il y a des fuites ou un drainage incomplet si vous avez un refroidisseur à plaques

Numération des cellules somatiques

Les cellules somatiques sont principalement des globules blancs. Ils sont la première défense contre les bactéries qui pénètrent dans le canal du trayon d’une chèvre laitière. Une NCS peut indiquer une infection dans le pis (mammite). Certains types de mammite peuvent se propager dans tout le troupeau par l’équipement de traite. Une NCS élevée réduit la production de lait ainsi que la qualité et la quantité des produits laitiers fabriqués avec le lait (comme le fromage).

Une NCS supérieure à 1 500 000 cellules somatiques par ml est considérée comme élevée et constitue une violation au paragraphe 54 (4) (2) du Règlement 761.

Pratiques de gestion agricole pour aider à éviter les NCS élevées

Pour éviter des NCS élevées :

  • suivez les procédures de traite appropriées (voir A Guide to Udder Health for Dairy Goats pour plus d’information)
  • fournissez des aliments et un habitat adéquats. Les animaux laitiers propres, secs, bien nourris et confortables sont moins susceptibles de développer des problèmes de mammite et de nombreuses autres maladies
  • faites fonctionner et entretenez correctement le système de traite. Le système doit fournir un vide uniforme, une pulsation adéquate et une action de traite douce
  • Travaillez avec votre vétérinaire pour élaborer et utiliser des protocoles de traitement efficaces contre la mammite
  • identifiez les animaux mastitiques en examinant fréquemment le troupeau à l’aide du CMT. Abattez toutes les chèvres souffrant de mammite chronique
  • tenez des registres de la santé animale et des antécédents des traitements

Un système de traite pour chèvres laitières

Figure 6. Système de traite des chèvres laitières

Procédures de traite pour éviter une NCS élevée

Raser les pis pour la propreté

Certaines chèvres ont beaucoup de poils sur leurs trayons. Les trayons à poil long sont difficiles à nettoyer et à sécher. La traite d’animaux ayant des trayons mouillés ou sales augmente le risque d’un nombre élevé de bactéries dans le lait, et accroît le taux de nouveaux cas de mammite. Bien que ce ne soit pas une pratique courante, certains producteurs coupent les poils.

Vérifier la présence de mammite dans le premier lait et le pis

La mammite peut être détectée en examinant le pis et en utilisant une tasse-filtre pour examiner le premier lait avant chaque traite. Le lait ne doit jamais être versé directement dans la main, car cela propage les organismes d’un trayon à l’autre et d’une chèvre à l’autre par la personne chargée de la traite.

Pré-tremper les trayons dans un produit approuvé ou utiliser des lingettes désinfectantes approuvées pour les laiteries

Le pré-trempage est une pratique courante. Le pré-trempage fonctionne mieux lorsque les trayons sont propres. Toute la longueur du trayon doit être immergée. Le pré-trempage doit rester en contact avec le trayon pendant 30 secondes, puis être soigneusement essuyé avant de fixer l’unité de traite. Les lingettes désinfectantes pour les laiteries sont également une option. Une étape de séchage des trayons n’est pas nécessaire avec les lingettes désinfectantes.

Sécher complètement les trayons avec une serviette individuelle

Si vous utilisez un pré-trempage, vous devez sécher les trayons avec des essuie-tout individuels ou des serviettes en tissu séparés. Les serviettes en tissu peuvent être lavées et séchées après chaque traite. La traite effectuée sur des trayons humides augmente le risque de mammite et diminue la qualité du lait.

Installez l’unité de traite dans les 90 secondes suivant le début de la stimulation

La machine à traire doit être installée dès que possible après la descente du lait. L’installation doit être faite avec précaution pour éviter que l’excès d’air ne pénètre dans le système de traite et ne blesse les extrémités des trayons.

Ajuster les unités au besoin pour un bon alignement

Observez les unités lorsqu’elles sont installées sur le pis pour vous assurer qu’elles sont correctement ajustées afin d’éviter le glissement des manchons trayeurs. La plus grande préoccupation est le glissement ou le grincement des gobelets trayeurs. La plupart des nouvelles infections du pis causées par le glissement des manchons trayeurs surviennent vers la fin de la traite, lorsqu’une doublure du manchon glisse et s’ouvre, propulsant de petites gouttelettes de lait contre l’extrémité du trayon. Ces gouttelettes peuvent contenir des organismes causant la mammite.

Comme le débit de lait vers la fin de la traite est minime, il y a moins de rinçage de l’extrémité du trayon, et cela accroît donc le risque que l’organisme reste dans le canal du trayon et cause une infection en cas de glissement des manchons trayeurs.

Couper l’aspiration avant de retirer l’unité

L’unité doit être retirée dès que le pis est trait. Dans les salles équipées de démarrages automatiques, il faut veiller à ce qu’ils soient correctement ajustés. L’aspiration doit toujours être coupée avant de retirer les gobelets trayeurs. Évitez de retirer l’appareil sous vide, car cela pourrait entraîner un glissement des manchons trayeurs et de nouvelles infections du pis.

Tremper les trayons dans un produit efficace immédiatement après le retrait de l’unité.

Couvrir le trayon complet avec un post-trempage à l’aide d’un gobelet trayeur ou d’un vaporisateur. Un bon trempage des trayons détruit les organismes sur les trayons, les empêche de coloniser le canal des trayons et peut éliminer les organismes qui vivent déjà à l’intérieur des extrémités des trayons. Des recherches sur des vaches laitières indiquent que tremper les trayons réduit de 50 % les nouvelles infections.

La pulvérisation des trayons est une solution de rechange au trempage des trayons et peut être acceptable, si elle est effectuée correctement avec un appareil qui offre une bonne couverture. La pulvérisation prend généralement plus de temps pour s’assurer que toute la surface est couverte et utilise jusqu’à 50 % de produit en plus que l’utilisation d’un gobelet.

La désinfection des trayons n’affecte pas les infections existantes de la glande mammaire, mais peut réduire les nouvelles infections causées par des staphylocoques à coagulase négative (SNC). Il s’agit d’un facteur important chez les chèvres laitières, car le SNC a été associé à des résultats élevés de Bactoscan et est fréquemment cultivé en grand nombre.

Gardez les gobelets trayeurs propres et hygiéniques. La pulvérisation des trayons est une solution de rechange au trempage des trayons et peut être acceptable si elle est effectuée correctement avec un appareil qui offre une bonne couverture. Si possible, traitez d’abord les chèvres de première lactation et les chèvres problématiques (chèvres présentant une mammite clinique ou une NCS élevée) en dernier pour éviter de transmettre les infections à de nouveaux animaux laitiers.

Test californien de dépistage des mammites (CMT)

Si une chèvre a une infection du pis, le corps envoie des globules blancs au pis pour combattre l’infection. Lorsque le lait et la solution du CMT sont mélangés, un gel se forme proportionnellement au nombre de globules blancs présents, ce qui indique la gravité de l’inflammation.

Le CMT est un outil que les producteurs peuvent utiliser pour surveiller la NCS. Le CMT peut également être utile pour résoudre les problèmes de Bactoscan.

Une chèvre atteinte de mammite subclinique ne présente pas les symptômes typiques d’une infection, comme un pis enflé et douloureux ou un lait anormal. Les infections subcliniques peuvent donc passer inaperçues alors que les chèvres excrètent des bactéries en grand nombre, ce qui fait augmenter considérablement les résultats du test de bactéries du réservoir. Dans ces cas, le CMT peut être utilisé pour aider à identifier une chèvre qui perd un grand nombre de cellules somatiques et contribue à un nombre élevé de bactéries.

Le CMT peut être effectué sur du lait de chèvre frais. Cependant, le lait de chèvre frais peut gélifier de manière plus uniforme en l’absence de mammite subclinique importante. Le lait des chèvres en fin de lactation peut réagir de la même manière. Par conséquent, les résultats du CMT sur le lait de chèvre frais et de fin de lactation ne sont pas toujours fiables.

Une trousse du test californien de dépistage des mammites

Figure 7. Une trousse du CMT.

Utilisation du CMT

  1. Nettoyez les trayons avant d’utiliser le premier lait pour effectuer le CMT.
  2. Utilisez chaque moitié du pis, ou un composé des deux, en :

    • mettant environ 2 à 4 ml de lait dans un puits sur la palette du CMT;
    • inclinant la palette presque verticalement, laisser l’excédent de lait s’écouler, laissant environ 2 ml de lait dans chaque puits.

    Trop de lait ou de réactif dans les puits faussera les résultats, ce qui rendra la gélification difficile à observer.

  3. À l’aide du flacon compressible, ajoutez 2 ml de réactif du CMT par puits et faire tourner la palette en mouvements horizontaux pour mélanger doucement.
  4. Observez la réaction gélifiante.

Interprétation du CMT

La notation du CMT est très subjective. Chaque personne qui effectue le test peut interpréter les résultats différemment. C’est le plus grand inconvénient du CMT. Les producteurs devraient commencer par bien comprendre à quoi ressemble un résultat au CMT négatif et positif en se référant au tableau 2.

Tableau 2. Système de notation du CMT
NoteInterprétationCaractéristiques visuelles du liquidePlage de la NCS (cellules/ml)
NÉchantillon négatifLe mélange ne change pas et conserve la même consistance liquide que celle du lait avec des teintes bleutées/violettes.0–200 000
TÉchantillon de tracesLe mélange épaissira légèrement comme une bouillie très fine. Cependant, il peut revenir à son état d’origine lors du déplacement de la palette.150 000–500 000
1Échantillon faible, mais positifIl y a un léger épaississement du lait comme une bouillie mince. Aucun gel ne se forme. Lorsqu’il tourbillonne, le mélange escalade les parois du puits et, lorsqu’il est versé, le mélange s’écoule à un rythme régulier.400 000–1 500 000
2Échantillon nettement positifDu gel commence à se former. Lorsqu’il tourbillonne, le gel a tendance à s’agglutiner au milieu du puits. Une fois versé, le gel se déversera en premier, laissant un peu de liquide dans le puits.800 000–5 000 000
3Échantillon fortement positifL’ensemble du mélange est du gel. Lorsqu’il tourbillonne, il s’agglutine au milieu et, lorsqu’il est versé hors de la palette, il ne reste plus de liquide dans le puits.> 5 000 000

Comparaison des NCS du lait de vache et de chèvre

Les chèvres produisent le lait différemment des vaches. La façon dont le lait est produit dans le pis sain de la chèvre entraîne naturellement un plus grand nombre de cellules cutanées et de fragments cellulaires contenant de l’ADN dans le lait par rapport au lait de vaches saines. Ces cellules et fragments de cellules sont comptabilisés comme des cellules somatiques lorsque les échantillons sont analysés à l’aide de méthodes de comptage automatisées, telles que celles utilisées au Laboratoire d’agroalimentaire de l’Université de Guelph et dans les laboratoires d’analyse du lait dans le monde entier. Par conséquent, la NCS du lait de chèvre est plus élevée que celle trouvée dans le lait de vache.

Les taux de la NCS du lait de chèvre ont également tendance à être élevés vers la fin de la lactation, chez les femelles ayant eu un nombre plus élevé de lactations et chez les troupeaux atteints d’arthrite-encéphalite caprine (AEC). Tous ces facteurs contribuent à un taux normal plus élevé de la NCS dans le lait de chèvre que dans le lait de vache. Néanmoins, les résultats des tests de dépistage systématique de la NCS dans les réservoirs de vrac doivent être surveillés de mois en mois pour remarquer toute tendance à la hausse, qui peut indiquer une infection du pis.