Écrevisse américaine (Orconectes rusticus)

L’écrevisse américaine est une grande écrevisse agressive originaire du bassin hydrographique de l’Ohio, aux États-Unis. L’espèce a probablement été introduite en Ontario par des pêcheurs sportifs étrangers qui s’en sont débarrassée après s’en être servie comme appât. L’écrevisse américaine a peut-être aussi été introduite dans des lacs ou des rivières par des gens qui se les étaient procures comme animal familier ou à par le commerce scientifique d’approvisionnement.

Ceci est une photo d'une écrevisse rouillée montrant en comparaison qu'il n'est pas beaucoup plus gros qu'un doigt.
Écrevisses américaines présentant des taches rouille. Photo : Doug Watkinson, Pêches et Océans Canada (MPO)

L’écrevisse américaine vit habituellement dans des lacs, des rivières, des étangs et des ruisseaux dont le fond argileux, limoneux ou graveleux contient des roches, des troncs submergés ou débris sous lesquels elle peut se dissimuler. Cette espèce se nourrit de grandes quantités de végétation aquatique, et sa nature agressive lui permet de se protéger contre la prédation des poissons indigènes. Les femelles peuvent transporter jusqu’à 200 œufs fertilisés sous leur queue, ce qui permet à une seule femelle s’introduisant dans un nouvel endroit de créer une nouvelle population. Lorsque l’écrevisse américaine s’est établie quelque part, il n’existe actuellement aucun moyen pratique de l’éliminer de façon permanente.

Aire de répartition

C’est en 1960 qu’on a observé pour la première fois une écrevisse américaine en Ontario, dans la région des lacs Kawartha. On la trouve aujourd’hui dans presque tout le centre-sud et le sud-est de l’Ontario, y compris l’île Manitoulin, la rivière Magnetawan, les réseaux hydrographiques des lacs Kawartha et de la rivière des Outaouais, ainsi que dans le nord-ouest de l’Ontario. Hors de son aire de répartition, c’est-à-dire le bassin fluvial de la rivière Ohio, l’écrevisse américaine s’est aussi propagée dans le Midwest et le nord-est des États-Unis.

Répercussions de l’écrevisse américaine

La forte taille de l’écrevisse américaine, ses habitudes alimentaires agressives et sa propagation rapide ont eu de sérieuses répercussions sur les espèces indigènes.

  • L’écrevisse américaine fait concurrence à l’écrevisse indigène pour la nourriture et les ressources, ce qui cause souvent le déclin ou la disparition de l’écrevisse indigène.
  • Elle est mieux en mesure d’échapper à la prédation des poissons indigènes, ce qui augmente la possibilité d’un déclin des espèces d’écrevisses indigènes.
  • En se nourrissant de grandes quantités de végétation aquatique, elle réduit l’habitat de frai et d’alevinage des écrevisses indigènes.
  • Les femelles de l’écrevisse américaine peuvent transporter des œufs fertilisés dans leur queue, ce qui permet à l’espèce de se propager rapidement.

Afin d’empêcher la propagation de l’écrevisse américaine, il est interdit en Ontario de transporter par voie de terre toute espèce d’écrevisse, tant vivante que morte. On ne peut utiliser des écrevisses comme appât que dans les lacs où elles ont été pêchées.

Comment identifier l’écrevisse américaine

Ceci est une illustration d'une écrevisse rouillée avec des marques comme décrit ci-dessous.
Croquis d’une écrevisse américaine. Illustration : Minnesota Sea Grant
  1. L’écrevisse américaine est de grande taille; les adultes peuvent atteindre de 7,5 à 13 cm depuis le rostre (la partie de la carapace en avant des yeux) jusqu’à la queue.
  2. Des taches rouille sont visibles de chaque côté de la carapace.
  3. Les pinces sont gris vert ou brun rouge, avec des bandes noires près des extrémités.
  4. Les pinces présentent une ouverture ovale quand elles sont fermées.
  5. Le rostre est lisse, rétréci et distinctement concave.
Ceci est une photo d'une griffe d'une écrevisse rouillée.
Pinces d’écrevisse américaine avec des bandes noires près des extrémités. Photo : Doug Watkinson, Pêches et Océans Canada (MPO)

L’écrevisse américaine peut être confondue avec d’autres espèces indigènes vivant en Ontario, dont l’écrevisse à rostre caréné (O. propinquus) et l’écrevisse à pinces bleues (O. virilis), ainsi qu’avec une espèce introduite, l’écrevisse obscure (O. obscurus). Aucune de ces espèces n’a un rostre rétréci, des bandes noires sur les pinces et des taches rouille sur la carapace.

Ceci est une photo d'une écrevisse rouillée
Écrevisse américaine. Photo : Ryan Smith

Ce que vous pouvez faire

  • Apprendre à identifier l’écrevisse américaine et savoir ce qu’il faut faire pour empêcher la propagation accidentelle de cette espèce envahissante.
  • Si vous utilisez des écrevisses comme appâts, n’utilisez que celles pêchées dans le même plan d’eau. Il est illégal de transporter des écrevisses par voie de terr En tout moment, le nombre maximum d’écrevisses vivantes que vous pouvez avoir en votre possession est 36.
  • Si vous avez des renseignements, quels qu’ils soient, sur l’importation, la distribution ou la vente – toutes illégales – de l’écrevisse américaine, communiquez immédiatement, à toute heure, avec le ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts en composant sans frais le 1 800 -TIPSMNR (8477667). Vous pouvez aussi communiquer avec le bureau du ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts de votre région pendant les heures de travail ordinair Vous pouvez aussi téléphoner de façon anonyme à Échec au crime (Crime Stoppers) à 1 800 222-TIPS (8477).
  • Si vous voyez une écrevisse américaine ou toute autre espèce envahissante dans la nature, veuillez nous en avertir en téléphonant à l’aide en ligne des Espèces envahissantes au 1 800 563-7711, ou visitez le site Ontario’s invading species awareness program pour signaler une observation.
Ceci est une photo d'une écrevisse américaine
Écrevisse américaine. Photo : Doug Watkinson, Pêches et Océans Canada (MPO)

Autres ressources :

Pour de plus amples renseignements :

Communiquez avec la ligne de signalement des espèces envahissantes au 1 800 563-7711.

Mis à jour : 01 septembre 2021
Date de publication : 19 novembre 2018