Aperçu

Utilisation d’antimicrobiens et résistance à ceux-ci

Les antimicrobiens sont utilisés en agriculture pour traiter, contrôler et prévenir les maladies. Cependant, l’utilisation générale d’antimicrobiens chez les humains et les animaux a accru de façon spectaculaire l’émergence d’une résistance aux antimicrobiens. Selon l’Agence de santé publique du Canada, la quantité totale d’antimicrobiens vendue pour être utilisée chez les animaux destinés à la consommation humaine est 1,5 fois supérieure à la quantité vendue pour être utilisés chez les humains, sur la base des milligrammes par kilogrammes de biomassefootnote 1.

Même si les microbes résistants aux antimicrobiens sont un phénomène naturel, l’utilisation d’antimicrobiens favorise la survie et la prolifération de ces types résistants. Les organismes résistants aux antimicrobiens deviennent par conséquent de plus en plus communs, rendant les infections chez les animaux et les humains difficiles ou impossibles à traiter avec les médicaments disponibles.

Freiner la hausse de la résistance aux antimicrobiens grâce à une utilisation judicieuse des antimicrobiens

Les producteurs, en partenariat avec leurs vétérinaires, peuvent aider à ralentir la hausse de la résistance aux antimicrobiens en réfléchissant mûrement au moment et à la façon dont les antimicrobiens sont utilisés. Depuis le 1er décembre 2018, une ordonnance préparée par un vétérinaire est nécessaire pour acheter des antimicrobiens médicalement importants pour les animaux, y compris les aliments médicamenteux. Même si ces produits étaient auparavant en vente libre dans les services de délivrance des médicaments pour le bétail, ils ne sont désormais accessibles que dans les cabinets vétérinaires (notamment les emplacements satellites accrédités) ou les pharmacies.

Autres mesures pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens

L’Ontario a contribué à l’élaboration du Plan d’action pancanadien sur la résistance aux antimicrobiens (2023–2027), qui sert de feuille de route pour coordonner les activités d’atténuation et d’intervention à l’échelle du pays grâce à des mesures prioritaires regroupées sous cinq piliers :

  • surveillance
  • intendance
  • prévention et contrôle des infections
  • recherche et innovation
  • leadership

Travail continu pour régler la résistance aux antimicrobiens en Ontario

Voici comment nous œuvrons à régler la résistance aux antimicrobiens.

Surveillance

Intendance

  • Nous soutenons l’élaboration et la dissémination de normes de pratiques relatives à l’utilisation d’antimicrobien et de compétences d’intendance grâce à des projets comme l’initiative Farmed Animal Antimicrobial Stewardship (FAAST) (de l’Ontario Veterinary Medical Association) et l’IVUJA (de l’Association canadienne des médecins vétérinaires).
  • Nous soutenons l’élaboration d’une formation continue particulière sur la gestion des antimicrobiens (y compris l’initiative FAAST) et de programmes universitaires, ainsi que de ressources en matière d’intendance pour les vétérinaires et les producteurs par le truchement du ROSA, d’Ontario.ca et de publications (comme Virtual Beef).
  • Nous avons offert plus de 60 présentations reliées à l’utilisation des antimicrobiens et à la résistance à ces derniers à des partenaires du secteur de l’élevage, du secteur vétérinaire et du secteur de la santé avant que la politique et la réglementation fédérales soient modifiées en 2018.

Prévention et contrôle des infections

  • Nous soutenons l’élaboration et l’adoption de normes de biosécurité pour améliorer la santé des troupeaux et des élevages et pour réduire le besoin de recourir à des antimicrobiens. Cela comprend le financement de programmes à frais partagés pour les producteurs dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable) et les précédents cadres de financement fédéral-provincial.
  • Nous travaillons étroitement avec les organismes de producteurs de bétail et de volaille et les vétérinaires privés pour promouvoir une utilisation prudente des antimicrobiens et des autres médicaments chez toutes les espèces animales, ainsi que des approches de rechange en matière de gestion et de prévention pour maintenir la santé des animaux, comme la vaccination.

Recherche

  • Nous encourageons, appuyons et partageons la recherche et l’innovation relatives à la résistance aux antimicrobiens et à l’intendance, en collaboration avec l’Alliance pour l’innovation agroalimentaire en Ontario de l’Université de Guelph, le Programme de nouvelles orientations de recherche, nos partenaires en matière de salubrité des aliments, le PCA durable et d’autres occasions.
  • Nous investissons dans la recherche qui stimule les améliorations de la surveillance, l’intendance, ainsi que la prévention et le contrôle des infections, notamment la création de solutions de rechange aux antimicrobiens, les vaccins et les diagnostics (y compris la génomique et la bio-informatique) par l’entremise de ces mêmes programmes.

Situations où les producteurs devraient recourir à des antimicrobiens

Utiliser des antimicrobiens :

  • sur les conseils d’un vétérinaire
  • conformément au mode d’emploi sur l’étiquette pour le type d’animal, la voie d’administration, la dose et la durée
  • pour soigner des animaux présentant des infections bactériennes sensibles

Ne pas utiliser d’antimicrobiens :

  • lorsqu’ils ne sont pas indiqués ou susceptibles d’être efficaces (par exemple, les antimicrobiens ne peuvent pas soigner les infections virales)
  • par habitude ou par routine, ou sans évaluation continue de leur efficacité
  • pour compenser les problèmes de gestion ou les pratiques inefficaces de contrôle des infections (comme des mesures de biosécurité inadéquates)
  • qui sont plus puissants ou dont le spectre est plus large que ce qui est nécessaire pour traiter l’infection (par exemple, les médicaments comme les fluoroquinolones et les céphalosporines qui sont considérés comme ayant une très haute importance en médecine humaine)

Éléments supplémentaires à prendre en compte

Mettez-vous, ainsi que vos clients et votre vétérinaire au défi de trouver et d’utiliser des solutions de rechange aux antimicrobiens dans la mesure du possible.

Par ailleurs, concentrez-vous sur d’autres manières de prévenir les maladies. Discutez avec votre vétérinaire des points suivants :

  • la biosécurité et le contrôle des infections
  • la vaccination
  • la gestion des pâturages
  • la densité de logement
  • la ventilation
  • la nutrition
  • les thérapies de rechange
  • la génétique pour améliorer la résistance aux maladies