Le bien-être de l’enfance en Ontario

L’expression « bien-être de l’enfance » fait allusion au système de services qui sont offerts aux enfants et aux jeunes qui ont besoin d’une protection parce qu’ils ont été, ou ils risquent d’être, maltraités et/ou négligés, ainsi qu’aux services qui sont offerts aux familles afin d’éviter la prise en charge de leur enfant ou de leur jeune ou de faciliter la réunification d’un enfant ou d’un jeune pris en charge avec sa famille.

En Ontario, ces services sont assurés par les sociétés d’aide à l’enfance (les sociétés), qui sont des organismes à but non lucratif indépendants. Au moment d’aller sous presse, on dénombrait 49 sociétés, incluant 11 sociétés autochtones en Ontario. Le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse finance et supervise les sociétés.

L’objectif primordial des lois qui gouvernent le bien-être de l’enfance en Ontario consiste à « promouvoir l’intérêt véritable de l’enfant, sa protection et son bien-être ». Les sociétés ont le mandat exclusif, en vertu des lois de l’Ontario, d’assurer les services de protection de l’enfance.

Afin de déterminer si un enfant a besoin de protection, les sociétés mettent en application un outil normalisé appelé les Échelles d’admissibilité des services de bien-être de l’enfancefootnote 16. Si une société détermine qu’une enquête s’avère nécessaire, elle doit mettre en application les Normes de la protection de l’enfance en Ontariofootnote 17. Les Normes de la protection de l’enfance guident la préposée ou le préposé à la protection de l’enfance pendant toute la durée du cas, de l’admission jusqu’à la fin de l’enquête, en passant par la gestion du cas bénéficiant de services continus et la fermeture du dossier. Lorsqu’on détermine qu’un enfant a besoin d’une protection, les sociétés offrent aux familles des services et des soutiens et/ou des aiguillages vers des partenaires communautaires afin d’essayer, si possible, d’éviter que l’enfant ou le jeune soit pris en charge et d’aborder les préoccupations liées à la protection qui ont été décelées. Lorsqu’un enfant est confié à une société, l’objectif principal est de le retourner à la maison, si c’est possible, et les efforts sont axés sur l’atteinte de cet objectif.

Les enfants et les jeunes sont confiés aux soins des sociétés pour des raisons très variées. Les enfants et les jeunes qui sont pris en charge par une société et qui ne peuvent pas être retournés à la maison sont placés en dehors du domicile et confiés à un ou des fournisseurs de soins qui sont choisis en fonction des besoins des enfants et des jeunes et selon les options disponibles dans leur réseau élargi et leur communauté. Trouver des foyers permanents pour les enfants et les jeunes qui sont pris en charge est un facteur contributif clé pour améliorer leurs résultats, en leur permettant de tisser des liens sûrs, bienveillants et stables, de grandir et de se développer. Il y a des enfants et des jeunes qui grandiront à la charge d’une société si un foyer permanent qui répond à leurs besoins ne devient pas disponible.

Voici l’éventail des options de placement :

  • Les soins conformes aux traditions : une option de placement culturellement adaptée pour les enfants et les jeunes autochtones qui ont besoin d’une protection dans le cadre de laquelle l’enfant ou le jeune est placé avec une personne qui n’est pas son parent selon les coutumes de la bande ou de la communauté autochtone à laquelle il est affilié.
  • La garde par un proche : le placement d’un enfant ou d’un jeune qui est jugé avoir besoin d’une protection avec un proche ou un membre de la communauté jusqu’à ce que les problèmes de sécurité aient été réglés afin de permettre à l’enfant ou au jeune de retourner à son ou ses parents ou jusqu’à l’élaboration d’un autre plan de permanence.
  • Le placement en famille d’accueil : une option de placement familial pour un enfant ou un jeune jugé avoir besoin d’une protection.
  • Les foyers de groupe : le placement d’un enfant ou d’un jeune jugé avoir besoin d’une protection dans un établissement pour enfants (p. ex. un foyer de groupe). Il existe deux options pour les foyers de groupe : 1) un modèle selon lequel le personnel s’occupe de trois enfants ou plus qui n’ont pas de liens de parenté 2) un modèle selon lequel un parent s’occupe de cinq enfants ou plus qui n’ont pas de liens de parenté.
  • La garde légale : une option privilégiée lorsqu’un parent d’accueil, un proche ou un membre de la communauté obtient une ordonnance qui accorde la garde légale, conformément aux lois provinciales sur le bien-être de l’enfance, d’un enfant ou d’un jeune qui a été confié aux soins d’une société de façon prolongéefootnote 18 (jusqu’à l’âge de 18 ans) et lorsque cet enfant ou ce jeune est mis en congé de la prise en charge par la société.
  • L’adoption : une ordonnance de la cour qui établit que, à toutes les fins de la loi, l’enfant adopté devient l’enfant du père adoptif ou de la mère adoptive et cette personne devient le père ou la mère de l’enfant.

Afin de faciliter la transition des jeunes qui quittent la prise en charge d’une société, le Programme des intervenants auprès des jeunes en transition, qui est offert par des organismes communautaires répartis aux quatre coins de la province, met les jeunes qui sont en transition en contact avec des ressources et des soutiens, y compris un soutien au logement, des ressources pédagogiques, des services d’emploi ainsi qu’une formation sur les compétences nécessaires à la vie courante, qui sont accessibles dans la collectivitéfootnote 19.

Les droits des enfants et des jeunes LGBT2SQ

Les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui reçoivent des services du système de bien-être de l’enfance de l’Ontario ont le droit de vivre à l’abri de la discrimination. En examinant comment les lois sur les droits de la personne s’appliquent aux enfants et aux jeunes LGBT2SQ, les professionnels du bien-être de l’enfance peuvent mieux comprendre comment élaborer des politiques et des procédures équitables, inclusives et pertinentes afin de protéger les droits des enfants et des jeunes LGBT2SQ et d’aménager des environnements plus sûrs pour les enfants et les jeunes LGBT2SQ qu’ils servent. Les préposées et préposés, les dirigeantes et dirigeants, les familles et les fournisseurs de soins peuvent prendre connaissance des conventions internationales ainsi que des lois nationales et provinciales contre la discrimination en étudiant les documents suivants :

La Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies (1989)

  • La Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies est le traité sur les droits de la personne le plus accepté à grande échellefootnote 20. Le traité établit un vaste éventail de droits liés à la protection et à la participation des enfants jusqu’à l’âge de 18 ans. La Convention déclare que les enfants du monde entier ont le droit – sans discrimination aucune – à la survie; le droit de se développer entièrement; le droit d’être protégés contre les mauvaises influences, les mauvais traitements et l’exploitation; et le droit de participer pleinement à la vie familiale, culturelle et socialefootnote 21.

    La Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies

La Charte canadienne des droits et libertés (1982)

  • La Charte canadienne des droits et libertés inscrit, dans la loi, les droits et libertés de toutes les personnes au Canada. L’article 15 (Droits à l’égalité) de la Charte contient l’énoncé suivant : « La loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l’âge ou les déficiences mentales ou physiques. »

    La Charte canadienne des droits et libertés.

     

Le Code des droits de la personne de l’Ontario (1962)

  • Le Code des droits de la personne de l’Ontario est une loi provinciale qui reconnaît la dignité et l’importance de chaque personne et qui donne à tous les mêmes droits et possibilités sans discrimination aucune dans des domaines comme l’emploi, le logement et les services. Plus précisément, le Code interdit les actions qui constituent de la discrimination contre certaines personnes en fonction des motifs qui les protègent, y compris : le sexe, l’identité de genre, l’expression de genre et l’orientation sexuelle.

    Le Code des droits de la personne de l’Ontario

     

La Loi sur les services à l’enfance et à la famille (1990) / Loi de 2017 sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille

  • La Loi sur les services à l’enfance et à la famille (LSEF) gouverne bon nombre des programmes et services destinés aux enfants et aux jeunes de la province. L’objectif primordial de la LSEF est de promouvoir l’intérêt véritable de l’enfant, sa protection et son bien-être. L’Ontario a adopté la Loi de 2017 sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille (LSEJF), qui abrogera et remplacera la LSEF. Le préambule de la LSEJF reconnaît que le gouvernement de l’Ontario est déterminé à respecter les principes selon lesquels les services fournis aux enfants et aux familles doivent être axés sur les enfants, doivent respecter leur identité, leur diversité ainsi que le principe d’inclusion et doivent être éclairés à l’aide d’une sensibilisation aux préjugés et au racisme systémiques et à la nécessité d’éliminer ces obstacles.

    La Loi de 2017 sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille

Commission ontarienne des droits de la personne, Politique concernant la discrimination et le harcèlement fondés sur l’orientation sexuelle (2006)

  • La Politique a été élaborée dans le but d’aider la population et le personnel de la Commission à mieux comprendre de quelles façons le Code des droits de la personne de l’Ontario protège les Ontariennes et Ontariens de toutes les orientations sexuelles et de les sensibiliser aux problèmes auxquels les personnes sont confrontées à cause de leur orientation sexuelle et de leurs relations avec un partenaire du même sexe/sexe assigné et/ou du même genre. Elle vise également à sensibiliser les fournisseurs de services, les employeurs et les propriétaires d’immeubles à logements à leurs obligations en vertu du Code.

    La Politique concernant la discrimination et le harcèlement fondés sur l’orientation sexuelle de la Commission ontarienne des droits de la personne

Commission ontarienne des droits de la personne, Politique sur la prévention de la discrimination fondée sur l’identité sexuelle et l’expression de l’identité sexuelle (2014)

Les principales notions

La section précédente renferme quelques définitions des identités des personnes LGBT2SQ. La présente section contient des renseignements sur d’autres notions clés qu’il est important de comprendre avant de passer aux sections suivantes.

L’intersectionalité

L’« intersectionalité » est une notion qui a été définie pour la première fois par Kimberlé Crenshaw footnote 22 et qui décrit comment les personnes sont façonnées par leurs nombreuses identités, y compris leur sexe/sexe assigné, leur race, leur ethnicité, leur langue, leur capacité, leur confession religieuse, leur âge, leur statut socioéconomique, leur orientation sexuelle et leur identité de genre, et qui montre comment ces identités se croisent. Un homme gai de couleur ou une femme cisgenre handicapée sont des exemples d’identités qui s’intersectent.

Ensemble, ces identités peuvent amener une personne ou un groupe à vivre des expériences uniques et distinctes qui sont susceptibles de créer des obstacles ou des possibilités.

Il est impératif de comprendre l’intersectionalité pour offrir des soutiens et des services holistiques aux enfants et aux jeunes qui sont touchés par les risques et les défis associés à leur identité de genre, leur expression de genre et/ou leur orientation sexuelle. Les enfants et les jeunes LGBT2SQ autochtones, noirs et racilalisés ont besoin d’avoir accès à des soutiens et des services holistiques qui affirment et qui soutiennent distinctement leurs identités autochtone/bispirituelle, noire, racialisée et LGBT2SQ. À toutes les étapes de la prestation des services, les fournisseurs de services devraient se demander si l’enfant ou le jeune a accès à toutes les communautés auxquelles il s’identifie, y compris les communautés culturelles et confessionnelles. Les fournisseurs de services et les fournisseurs de soins devraient également tenir compte des intersections entre les identités qui sont liées aux capacités de l’enfant ou du jeune. La présence ou l’absence de soutiens et de services holistiques qui portent sur plusieurs dimensions de l’identité de l’enfant ou du jeune peut avoir une incidence sur tous les autres aspects de sa vie.

De nombreux membres du personnel de la société comprennent très peu les besoins de jeunes LGBT2SQ, y compris les éleménts de base tels que permettre aux jeunes trans de porter les vetements qu’ils veulent.

Personnel de la société

[Traduction] … la colonisation a eu une grande incidence sur le statut et la position des personnes bispirituelles en réprimant les traditions et les rôles bispirituels. Devant le changement forcé sur le plan de la construction du genre au cours des quatre derniers siècles, les personnes bispirituelles ont été aliénées et persécutées en raison de leurs pratiques, ce qui a entraîné finalement l’effacement incomplet de leurs enseignements, de leurs pratiques et de leurs rôles ainsi que l’émergence de l’homophobie et de la transphobie dans les sociétés autochtones. Les personnes bispirituelles continuent de se débattre contre les défis uniques qui sont façonnés par leurs expériences inextricablement liées de la race, du genre et de la sexualité.

Le Native Youth Sexual Health Network et l’Ontario Federation of Indigenous Friendship Centres (2015).

Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter le Native Youth Sexual Health Network ou l’Ontario Federation of Indigenous Friendship Centres

Comprendre que les personnes sont confrontées à des niveaux de risque différents et à des défis différents contribuera à la conception de politiques, de programmes et de services qui sont inclusifs, qui reflètent la diversité des enfants et des jeunes qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance et qui répondent mieux à leurs besoins. Ces considérations sont également cruciales lorsqu’il s’agit de concevoir des politiques, des programmes et des services qui luttent contre la nature complexe et multidimensionnelle de la discrimination systémique. Certaines personnes sont plus vulnérables à la discrimination parce qu’elles sont confrontées à plusieurs préjugés et stéréotypes fondés sur leur ensemble particulier d’identités qui s’intersectent. En plus des expériences discriminatoires fondées sur leur identité de genre et leur identité sexuelle, les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui proviennent, par exemple, de communautés racialisées, noires ou autochtones peuvent aussi être traités inéquitablement à cause de ces identités.

La discrimination

La discrimination est un acte qui se résume à traiter une personne ou un groupe de personnes inéquitablement. Elle est généralement associée à des attitudes négatives, à la peur ou à la haine ainsi qu’aux suppositions stéréotypées et aux préjugés footnote 23. Les enfants et les jeunes LGBT2SQ peuvent subir de la discrimination dans les systèmes de soins s’ils reçoivent un traitement inéquitable en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur expression de genre. Une discrimination systémique s’installe lorsqu’une organisation crée ou entretient une iniquité fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et/ou l’expression de genre (p. ex. en n’accordant pas les mêmes droits de fréquentation à un jeune noir qu’à un jeune hétérosexuel, en traitant une identité trans comme un problème de santé mentale, en interdisant aux couples de même sexe et/ou genre d’adopter un enfant). La discrimination peut être la conséquence de « faire les choses comment on les a toujours faites » sans se demander si elles ont une incidence différente sur des groupes particuliers. Elle peut être directe et facile à détecter, ou subtile et dissimulée, mais elle demeure néfaste d’une manière ou d’une autre.

Comme la discrimination peut se manifester sur plusieurs niveaux, il faut l’éliminer à chacun de ces niveaux :

  • individuel – les attitudes et les actes d’une personne qui témoignent d’une discrimination à l’égard d’un groupe social.
  • organisationnel – les politiques, les valeurs, les structures et les pratiques au sein des organisations qui désavantagent certains groupes sociaux et qui profitent à d’autres, qu’elles soient intentionnelles ou non.
  • sociétal/culturel – les valeurs, les politiques, les structures, les pratiques, les normes et les rôles sociaux ainsi que le langage au niveau du système qui reflètent et renforcent la conviction qu’un groupe social est supérieur à un autre.

Les différences sur le plan du traitement des enfants et des jeunes LGBT2SQ, y compris ceux qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance, émanent fondamentalement du point de vue selon lequel les comportements et les valeurs des personnes hétérosexuelles et cisgenres sont la norme. Ces suppositions, souvent inconscientes, peuvent se traduire par des services qui ne tiennent pas compte des expériences et des besoins des personnes qui s’identifient aux communautés LGBT2SQ (p. ex. la présomption qu’une famille comprend deux parents de sexes et/ou de genres différents).

  • L’hétérosexisme : un système de croyances, d’attitudes, de préjugés, de pratiques et de discriminations qui favorise le sexe/genre opposé ainsi que la sexualité et les relations qui s’y rattachent. Il peut inclure la présomption selon laquelle les autres personnes sont hétérosexuelles ou les attirances et les relations entre les genres/sexes différents sont la norme et donc supérieures aux autres identités ou relations. L’hétérosexisme se traduit par des avantages qui sont automatiquement accordés aux personnes hétérosexuelles simplement parce qu’elles sont hétérosexuelles (souvent appelé le « privilège hétérosexuel »). Parmi les exemples de privilège hétérosexuel : la faculté de manifester simplement son affection en public sans craindre de subir des représailles ou des actes de violence ou de harcèlement, ou encore, les livres pour enfants qui représentent uniquement des parents hétérosexuelsfootnote 24. Il est indispensable de savoir de quelles façons les personnes hétérosexuelles bénéficient de ce privilège afin d’éviter de perpétuer des croyances hétérosexistes.
  • Le cissexisme :Un préjugé et une discrimination à l’égard des identités et/ou des expressions trans ou genderqueers. Cela inclut la présomption selon laquelle l’identité cisgenre est supérieure et plus désirablefootnote 25.
  • L’homophobie : La peur et/ou la haine de l’homosexualité qui se manifeste souvent par des injures, des actes d’intimidation, une exclusion, des préjugés ou par des actes de discrimination ou de violence – toute personne qui est LGBT2SQ (ou présumée l’être) peut être une cible de l’homophobiefootnote 26. Se servir de l’expression « c’est tellement gai » pour faire allusion à quelque chose de négatif en est un exemple.
  • La biphobie : La peur et/ou la haine de la bisexualité qui se manifeste souvent par des injures, des actes d’intimidation, des préjugés ou par des actes de discrimination ou de violence – toute personne qui est LGB (ou présumée l’être) peut être une cible de la biphobiefootnote 27. Présumer qu’une personne qui s’identifie comme étant bisexuelle est « seulement mêlée » ou « n’est pas encore branchée » au sujet de son orientation sexuelle en est un exemple.
  • La transphobie : Les attitudes, les émotions et/ou les actions négatives ainsi que la peur et la haine envers les personnes et les communautés trans. Comme d’autres formes d’oppression, elle est fondée sur des stéréotypes et des idées fausses qui sont employés pour justifier la discrimination, le harcèlement et la violence envers les personnes trans ou les personnes qui sont présumées être transfootnote 28. Refuser d’employer le nom ou les pronoms appropriés pour une personne trans en est un exemple.

Les risques et défis qui guettent les enfants et les jeunes LGBT2SQ et le système de bien-être de l’enfance

Les enfants et les jeunes LGBT2SQ peuvent connaître des risques et des défis uniques dans le système de bien-être de l’enfance. La présente section aborde quelques-uns de ces risques et défis ainsi que ceux auxquels les enfants et les jeunes LGBT2SQ peuvent être confrontés de façon plus générale.

En étant conscients de ces risques et de ces défis, les préposées et préposés à la protection de l’enfance, les organismes, les fournisseurs de services en établissement et les fournisseurs de soins peuvent prendre des mesures afin de les aborder et de les réduire au minimum. Les prises de décisions qui concernent les placements, la planification de la permanence ainsi que d’autres services devraient tenir compte de la possibilité qu’un enfant ou un jeune LGBT2SQ soit exposé à ces défis.

Le rejet par la famille

Les relations cordiales avec les membres de la famille favorisent le développement sain de tous les enfants et les jeunes. Malheureusement, la surreprésentation des enfants et des jeunes LGBT2SQ dans le système de bien-être de l’enfance est attribuable, en partie, au fait qu’ils sont forcés de quitter leur maison ou qu’ils la quittent volontairement à cause du rejet ou de la violence physique ou psychologique de leur famillefootnote 29. Lorsque les enfants et les jeunes sont forcés de quitter la maison pour des raisons qui sont indépendantes de leur volonté, ils peuvent être exposés à l’itinérance, à la pauvreté, à la violence ainsi qu’à d’autres risques.

C’est un manque de respect. Point final.

Jeune

Selon une étude réalisée par le Family Acceptance Project, les jeunes LGBT2SQ qui ont déclaré des niveaux élevés de rejet par la famille étaient 8,4 fois plus susceptibles d’avoir tenté de se suicider, 5,9 fois plus susceptibles d’être déprimés et 3,4 fois plus susceptibles de consommer des drogues que leurs pairs LGBT2SQ qui provenaient de familles qui ont déclaré un niveau nul ou de faibles niveaux de rejetfootnote 30. De plus, une étude récente menée en Ontario par TransPulse a révélé que les tentatives de suicide parmi les jeunes transgenres qui avaient une famille positive avaient diminué de 93 % en l’espace d’un an par rapport aux jeunes transgenres qui n’avaient pas une famille positivefootnote 31.

La recherche a également montré que, si on leur donne la chance de se renseigner sur les identités et les expériences des personnes LGBT2SQ et de comprendre les effets néfastes du rejet sur les enfants et les jeunes, les parents, les fournisseurs de soins et les autres membres de la famille peuvent devenir plus positifsfootnote 32.

Les préoccupations et les besoins en matière de santé

Bien que les enfants et les jeunes LGBT2SQ soient souvent aux prises avec les mêmes préoccupations pour leur santé que les enfants et les jeunes qui ne font pas partie des communautés LGBT2SQ, les premiers sont beaucoup plus susceptibles de connaître des problèmes de santé mentale et de dépendance.

  • Les personnes qui s’identifient aux communautés LGBT2SQ ont des taux de dépression et d’anxiété plus élevés que l’ensemble de la population en raison des effets néfastes de la stigmatisation, des préjugés et de la discrimination.footnote 33
  • Les enfants et les jeunes LGBT2SQ sont plus susceptibles que leurs pairs de consommer des drogues et de l’alcool afin de composer avec l’isolement, l’aliénation et la discrimination engendrés par une société homophobefootnote 34.
  • Le fait que les enfants et les jeunes autochtones bispirituels et LGBT2SQ courent un plus grand risque d’avoir des idées suicidaires ou de faire des tentatives de suicide que les enfants et les jeunes non autochtones découle de l’incidence de la colonisation, du traumatisme intergénérationnel et du racisme systémiquefootnote 35.
  • Dans une étude menée auprès de jeunes transgenres en Ontario, environ la moitié d’entre eux avaient pensé au suicide et une personne sur cinq avait tenté de se suicider au cours des 12 mois précédentsfootnote 36.
  • Les enfants et les jeunes transgenres qui choisissent de faire la transition et qui sont capables de le faire ont besoin de soins et de soutiens spécialisésfootnote 37. Un manque d’accès à ces soutiens peut nuire considérablement à leur santé mentale et à leur bien-être.

En règle générale, les personnes LGBT2SQ reçoivent des soins de santé de moins bonne qualité que l’ensemble de la population en raison de la stigmatisation, de la discrimination, de l’exclusion et du manque d’accès à des soins de qualitéfootnote 38. De nombreux fournisseurs de soins de santé ont peu ou pas de formation sur les problèmes de santé des personnes LGBT2SQ ou sur la prestation de soins cliniques spécialisés pour les membres des communautés LGBT2SQ. Les fournisseurs de soins de santé peuvent donc ne pas être sensibles à leurs besoins de santé particuliers ou ne pas savoir comment procéder pour mieux accompagner les enfants et les jeunes LGBT2SQfootnote 39. L’accès à des services de santé et de santé mentale adéquats pour les enfants et les jeunes transgenres et de diverses identités de genre est encore plus limité et difficile.

Avoir accès à des services de soins de santé affirmatifs peut être encore plus difficile pour les enfants et les jeunes LGBT2SQ en dehors des grands centres urbains où les soins de santé spécialisés peuvent être limités et la formation pour les professionnels de la santé sur les soins pertinents pour les personnes LGBT2SQ est moins accessible. En raison de leurs mauvaises expériences antérieures dans le système des soins de santé, les personnes LGBT2SQ peuvent retarder ou éviter de demander des soutiens de santé et de santé mentale ou choisir de ne pas divulguer de renseignements personnels aux fournisseurs de soins de santéfootnote 40.

Les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance peuvent avoir des difficultés particulières à obtenir des soins de santé adéquats. Les changements de placements fréquents, par exemple, peuvent rendre encore plus difficile la tâche de trouver, dans leurs collectivités, des fournisseurs de soins de santé avec lesquels ils pourront établir une relation de confiance et avoir l’assurance d’être traités convenablement en parlant ouvertement de leurs problèmes de santé.

La violence et le harcèlement

La violence et le harcèlement sexistes

La violence sexiste peut inclure tout forme de violence (p. ex. le harcèlement sexuel, l’agression, l’exploitation, les menaces physiques ainsi que la violence émotive et psychologique) qui est fondée sur le genre, l’expression de genre ou l’identité de genre d’une personne et qui vise à contrôler ou à humilier la personne ou à lui causer du tortfootnote 41. La violence sexiste est un problème qui touche différentes populations, y compris les personnes qui s’identifient comme des femmes, les personnes autochtones, les personnes LGBT2SQ, les femmes racialisées, les personnes handicapées et les personnes âgées. Les filles et les femmes lesbiennes et bisexuelles, les filles et les femmes transgenres, les personnes au genre fluide, les communautés LGBT2SQ de couleur, les communautés autochtones bispirituelles et LGBTQ, les nouveaux arrivants et les réfugiés LGBTQ, les personnes LGBT2SQ handicapées et les personnes LGBT2SQ qui ont le VIH/sida sont touchés d’une manière disproportionnée par cette violencefootnote 42footnote 43. L’absence de politiques et de programmes qui incluent les communautés LGBT2SQ peut nuire encore plus aux personnes LGBT2SQ qui ont survécu à la violence sexiste et contribuer à perpétuer la violence sexiste.

Le harcèlement et la violence à l’école

L’école peut être un endroit difficile pour les enfants et les jeunes qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance. Ceux qui s’identifient comme des personnes LGBT2SQ peuvent être confrontés à des expériences qui aggravent ces difficultés. Par exemple, la recherche indique que de nombreux élèves LGBTQ2S sont régulièrement confrontés à des actes de discrimination, de harcèlement, d’intimidation et de violence perpétrés par d’autres élèves – ainsi que par des enseignantes et des enseignants – à cause de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre et/ou de leur expression de genrefootnote 44.

Une étude canadienne réalisée en 2011 par Egale Canada Human Rights Trust, dans le cadre de laquelle on a sondé plus de 3 700 élèves des quatre coins du pays, a révélé ce qui suitfootnote 45 :

  • Deux élèves LGBT2SQ sur trois ont déclaré ne pas se sentir en sécurité à l’école.
  • Plus des deux tiers des élèves ont déclaré entendre des expressions homophobes comme « c’est tellement gai » chaque jour à l’école.
  • Plus de la moitié des élèves transgenres ont déclaré ne pas se sentir en sécurité dans les vestiaires et les toilettes.
  • Environ la moitié de l’ensemble des élèves LGBT2SQ et les trois quarts des élèves transgenres ont déclaré avoir été harcelés verbalement à l’école.
  • Environ le quart des élèves LGBT2SQ et plus du tiers des élèves transgenres ont déclaré avoir été harcelés ou agressés physiquement à l’école.

L’étude a révélé que les enfants et les jeunes LGBT2SQ étaient plus susceptibles de manquer des cours parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité, ce qui a eu une incidence sur leur rendement scolairefootnote 46. Elle a montré que les expériences liées aux préjugés, au harcèlement et à la violence peuvent avoir un effet néfaste profond sur la réussite des élèves à l’école ainsi que sur leur bien-être en général.

En ce qui concerne les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance, le passage d’un placement à un autre et les changements d’école en cours de route risquent de compromettre encore plus leurs études. Des personnes alliées, des fournisseurs de soins, des préposées ou préposés et des enseignantes et enseignants invariablement positifs sont indispensables afin d’aider les enfants et les jeunes LGBT2SQ à composer avec ces réalités.

L’intimidation

Malheureusement, de nombreux enfants et jeunes feront l’expérience de l’intimidation – que ce soit en tant que personne intimidée, en tant que témoin ou en tant qu’intimidatrice ou intimidateur, ou une combinaison des trois. L’intimidation est un problème particulièrement grave pour les enfants et les jeunes LGBT2SQ.

Les enfants et les jeunes LGBT2SQ subissent des taux élevés de cyberintimidation et de harcèlement en ligne par rapport à leurs pairs qui ne font pas partie des communautés LGBT2SQ. Une recherche effectuée aux États-Unis a révélé que les jeunes LGBT2SQ sont harcelés ou intimidés en ligne trois plus souvent et qu’ils sont harcelés sexuellement quatre fois plus souvent que leurs pairs qui ne s’identifient pas aux communautés LGBT2SQfootnote 47.

Les conséquences de l’intimidation sont importantes :

  • On a découvert que l’intimidation est associée à une perte d’intérêt pour les activités scolaires, à une diminution de la qualité des travaux scolaires, à une dégradation des notes ainsi qu’à une réduction de l’assiduitéfootnote 48.
  • Environ le tiers des jeunes LGBT2SQ qui ont été victimes d’intimidation ont fait une tentative de suicide par rapport à 7 % de l’ensemble des jeunesfootnote 49.

De plus, les enfants et les jeunes LGBT2SQ peuvent avoir un moins grand nombre de soutiens disponibles pour les aider à aborder l’intimidation et ses répercussionsfootnote 50. Comme ceux qui sont pris en charge sont également susceptibles de subir de l’intimidation dans leur foyer d’accueil ou leur foyer de groupe, ils peuvent ne pas avoir un environnement sécuritaire là où ils habitent, ce qui est pourtant tellement important pour les aider à composer avec l’intimidationfootnote 51.

L’itinérance

En 2015, la première étude nationale sur les enfants et les jeunes qui connaissent l’itinérance a permis de conclure que la prise en charge par le système de bien-être de l’enfance constitue un facteur de risque clé en matière d’itinérance. Parmi les 1 103 personnes sondées provenant de 47 communautés différentes réparties dans 10 provinces et territoires, un pourcentage élevé de jeunes itinérants avaient déjà été pris en charge par des services de protection (57,8 %) et avaient connu une ou plusieurs formes de maltraitance (63,1 %) et/ou de négligence (37 %)footnote 52.

En outre, un nombre disproportionné d’enfants et de jeunes LGBT2SQ connaissent l’itinérance. Au Canada, 29,5 % des jeunes itinérants déclarent appartenir aux communautés LGBT2SQfootnote 53. En plus des raisons pour lesquelles les autre enfants deviennent itinérants, les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui ont été pris en charge par le système de bien-être de l’enfance peuvent avoir quitté des milieux de placement parce qu’ils ne se sentaient pas bien encadrésfootnote 54.

Sans une adresse fixe, des repas réguliers, des vêtements propres ou des douches, les jeunes itinérants risquent d’abandonner l’école et/ou d’avoir du mal à trouver ou à garder un emploi. Pour ces raisons, de nombreux jeunes itinérants ne possèdent pas les études, l’expérience de travail ou les compétences nécessaires à la vie courante pour faire une transition vers l’autonomiefootnote 55.

Dans la rue, les enfants et les jeunes LGBT2SQ peuvent se buter à des obstacles qui leur bloquent l’accès à des refuges pour les sans-abris ainsi qu’à d’autres programmes destinés à aider les enfants et les jeunes de la rue. Les enfants et les jeunes LGBT2SQ ont déclaré qu’ils craignaient la violence psychologique, physique ou sexuelle dans les refuges qui sont ouverts à l’ensemble de la population. Les jeunes transgenres et au genre fluide en particulier peuvent être confrontés à des obstacles, car les refuges pour les sans-abris et les autres programmes de soutien sont souvent sexospécifiques et ils peuvent ne pas comprendre les enfants et les jeunes transgenres et au genre fluide ainsi que leurs besoinsfootnote 56. Le manque d’accès à des refuges et des programmes inclusifs pour les personnes LBT2SQ est encore plus grand en dehors des grands centres urbains.

Les enfants et les jeunes autochtones bispirituels et LGBTQ sont particulièrement vulnérables à l’itinérance. Ils sont confrontés à des obstacles uniques qui les empêchent d’avoir accès à des logements sécuritaires, affirmatifs et culturellement adaptés. Certains enfants et jeunes autochtones bispirituels et LGBTQ sont forcés de déménager dans des centres urbains afin de trouver un logement, ce qui risque de limiter leur accès à la communauté, à la langue, à la culture et aux cérémoniesfootnote 57.

Le risque d’itinérance montre bien la nécessité d’assurer des placements adéquats pour les enfants et les jeunes LGBT2SQ qui sont pris en charge par le système de bien-être de l’enfance ainsi que l’importance de favoriser l’acceptation par la famille ainsi que l’unification de la famille.

Les mythes et les stéréotypes

Les normes sociales peuvent avoir une influence sur nos attitudes, nos croyances et nos comportements et elles peuvent façonner notre compréhension ainsi que nos hypothèses à l’égard de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. Il y a plusieurs mythes et stéréotypes envers les communautés LGBT2SQ qui, si elles ne sont pas remises en question, ont un effet néfaste sur les enfants et les jeunes LGBT2SQ.

La formation et l’éducation peuvent contribuer à dissiper les mythes et à créer des milieux affirmatifs et inclusifs qui reconnaissent les réalités des enfants et des jeunes LGBT2SQ. Les préposées et préposés à la protection de l’enfance et les dirigeantes et dirigeants du bien-être de l’enfance, les fournisseurs de services en établissement et les fournisseurs de soins peuvent renforcer les pratiques affirmatives en donnant des exemples de comportements appropriés, en s’élevant contre les gens qui perpétuent les mythes et en intervenant lorsqu’ils sont témoins de comportements qui encouragent la discrimination.

Voici quelques idées fausses et mythes courants au sujet des enfants, des jeunes et des communautés LGBT2SQ ainsi que des faits pour les contrebalancer. Les fournisseurs de services de protection de l’enfance, les dirigeantes et dirigeants et les fournisseurs de soins peuvent se demander quelle a été l’influence de ces mythes sur leur propre réflexion ainsi que sur la culture organisationnelle de prise de décisions qui concernent les enfants et les jeunes LGBT2SQ, et quelles ont été leurs conséquences sur la conception des services destinés aux enfants et aux jeunes LGBT2SQ :

MytheFait

« Je ne connais aucune personne LGBT2SQ. »

On estime qu’environ 10 % de la population fait partie des communautés LGBT2SQ et la recherche indique qu’environ une famille sur quatre compte un membre qui s’identifie aux communautés LGBT2SQfootnote 58. Des recherches donnent à entendre que les enfants et les jeunes LGBT2SQ pourraient représenter plus de 10 % de la clientèle des services de bien-être de l’enfance en raison du rejet par la famille et d’autres facteurs de risquefootnote 59. De plus, le sondage d’Egale intitulé First National Climate Survey on Homophobia, Biphobia, and Transphobia in Canadian Schoolsfootnote 60 a révélé que plus de 14 % des élèves s’auto-identifiaient comme des personnes LGBT2SQ. Il est important de ne pas oublier que ce ne sont pas toutes les personnes LGBT2SQ qui sont ouvertes au sujet de leur diversité sexuelle et/ou de genre pour différentes raisons, notamment pour des questions de sécurité et à cause d’un manque de soutien.

« Le sexe et le genre, c’est du pareil au même. »

Bien que le sexe/sexe assigné et le genre soient souvent des notions apparentées, ce n’est pas la même chose. Le sexe/sexe assigné est la classification d’une personne comme étant de sexe masculin, féminin ou intersexuée selon les caractéristiques biologiques, tandis que le genre est fondé sur l’expérience intime et individuelle de la personne.

« Les ados sont trop jeunes pour connaître leur orientation sexuelle et leur identité de genre. »

Les recherches ont montré invariablement que l’âge moyen de la prise de conscience de l’identité lesbienne, gaie ou bisexuelle est de 10 ans. La recherche confirme que les enfants deviennent conscients de leur identité de genre vers l’âge de trois à cinq ansfootnote 61.

« On peut changer l’identité d’un jeune LGBT2SQ. »

Être une personne LGBT2SQ n’est pas un choix ni une phase. Les experts en médecine et en psychologie s’entendent pour dire que les tentatives pour changer l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre d’une personne ne fonctionnent pas et qu’elles causent souvent du tortfootnote 62.

« Les jeunes deviennent LGBT2SQ à cause de leurs parents. »

Comme nous ne pouvons pas expliquer ce qui rend une personne hétérosexuelle ou cisgenre, nous ne pouvons pas comprendre ce qui rend une personne LGBT2SQ.

« Les transgenres sont juste mêlés à propos de leur genre. C’est rien qu’une phase. »

Les personnes ne choisissent pas d’être transgenres, comme les autres personnes ne choisissent pas d’être cisgenres. La recherche indique qu’on ne peut pas changer l’identité de genre par des thérapies qui sont conçues pour qu’une personne « corresponde » à son sexe/sexe assignéfootnote 63.

« L’identité de genre et l’orientation sexuelle, c’est du pareil au même. »

L’identité de genre et l’orientation sexuelle sont deux aspects complètement séparés de l’identité d’une personne. L’identité de genre est l’expérience intime et individuelle qu’a la personne de son genre, tandis que l’orientation sexuelle se rapporte à l’attirance que la personne ressent.

« Une personne est soit “straight”, soit “gaie” ».

De nombreux experts considèrent que l’orientation sexuelle est variée et fluide, en reconnaissant que de nombreuses personnes ne sont pas exclusivement homosexuelles ou hétérosexuelles.

« Une personne bisexuelle, c’est rien qu’une personne mêlée. »

Une personne qui s’identifie comme étant bisexuelle ressent une attirance envers des personnes de plus d’un sexe/sexe assigné ou genre. Cela ne veut pas dire qu’elles sont confuses à propos de leur orientation sexuelle.

« Je peux le dire si une personne est LGBT2SQ. »

Cette prémisse s’appuie sur l’hypothèse erronée selon laquelle toutes les personnes LGBT2SQ présentent un comportement que la société juge stéréotypé. De nombreuses personnes qui s’identifient comme des personnes hétérosexuelles (ou « straight ») présentent des maniérismes ou des comportements que la société considèrent « gais ».

« La sortie du placard est un événement qui n’arrive qu’une fois. »

L’affirmation de son identité est un processus constant et quotidien dans lequel les personnes LGBT2SQ décident comment exprimer leur identité/orientation et à qui elles désirent la révéler.

« Toutes les personnes LGBT2SQ ont vécu une mauvaise expérience pour devenir comme ça. »

Il n’y a pas de données probantes qui établissent un lien entre la maltraitance des enfants et l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à une étape ultérieure de leur vie.

« Les enfants qui sont élevés par des parents du même sexe sont plus susceptibles de devenir eux-mêmes des personnes LGBT2SQ. »

La recherche a permis de conclure que les enfants qui sont élevés par des parents du même sexe ne sont pas plus ou moins susceptibles de devenir des personnes LGBT2SQ que les enfants qui sont élevés par des parents hétérosexuelsfootnote 64.

« Il n’y a plus de discrimination envers les personnes LGBT2SQ. »

De nombreux enfants et jeunes subissent ou constatent régulièrement des actes ou des propos dénigrants à l’endroit des personnes LGBT2SQ et ils se battent chaque jour contre les attentes cissexites à l’égard du genre.

« Les LGBT2SQ sont une communauté. »

Les personnes LGBT2SQ sont aussi diversifiées et intersectionnelles que les populations non LGBT2SQ. Les personnes de n’importe quelle race, ethnicité, appartenance religieuse ou spirituelle, langue, âge et capacité peuvent s’identifier comme des personnes LGBT2SQ. Lorsqu’on fait allusion aux groupes LGBT2SQ, il est plus approprié de parler des communautés LGBT2SQ.


Notes en bas de page