Les renseignements suivants nous ont été fournis par l’Unité de négociation du service correctionnel du OPSEU/SEFPO :

Depuis plus de dix ans, l’Unité de négociation du service correctionnel du OPSEU/SEFPO milite en faveur de mesures de soutien concrètes en matière de santé mentale et d’un accès rapide aux traitements pour nos membres. Ces appels à l’action n’étaient pas abstraits : ils s’appuyaient sur les expériences vécues par nos membres à travers la province, touchés par la crise de santé mentale qui ne cesse de s’aggraver.

Nos inquiétudes se sont intensifiées en 2023, lorsque plusieurs de nos membres se sont donné la mort en peu de temps. Malgré ces pertes dévastatrices, nos membres continuaient de se heurter à d’importants obstacles pour accéder à des soins de santé mentale.

À la suite de ces tragédies, nous avons commencé à recenser systématiquement les suicides commis par nos membres. Les données obtenues étaient alarmantes. Il s’agissait là manifestement d’une dénonciation d’un système qui continuait à mettre en danger le personnel des services correctionnels tout en lui refusant des soins de santé mentale adéquats, accessibles et dispensés en temps opportun.

Pour que ces pertes ne tombent pas dans l’oubli, ne soient pas ignorées et n’aient pas été vaines, nous avons cherché des alliés afin de souligner et de faire valoir l’urgence d’une stratégie globale de prévention du suicide et de solides mesures de soutien en matière de santé mentale pour l’ensemble du personnel des services correctionnels. Nous tenons à remercier sincèrement les organisations qui ont immédiatement répondu à nos appels et qui se sont efforcées de fournir à nos membres les aides et les services dont ils avaient tant besoin. Sachez que vos actions ont changé, voire même sauvé des vies.

Nous sommes toutefois profondément déçus par ceux et celles qui ont le pouvoir de procéder à des changements structurels. Leur refus de reconnaître la gravité de la crise de santé mentale et leur incapacité à lever les obstacles à l’accès aux soins ont contraint nos membres à porter seuls le fardeau psychologique lié à leur travail en milieu carcéral.

Nous tenons à remercier le Dr Reuven Jhirad et Rose Jumarang, du Bureau du coroner en chef de l’Ontario, d’avoir pris ces morts au sérieux et pour leur engagement dans le cadre de cet examen. Leur leadership contraste fortement avec le manque de volonté observé ailleurs et constitue une étape décisive vers la responsabilisation et la prévention.

Il n’y a plus aucune raison de tergiverser, d’esquiver la question ou de nier la réalité. La santé mentale du personnel des services correctionnels doit être une priorité pour le ministère du Solliciteur général et la province de l’Ontario, non pas en paroles, mais par des mesures concrètes et pleinement financées. À défaut, nous continuerions à manquer à nos obligations envers le personnel des services correctionnels qui travaille chaque jour pour assurer la sécurité de la population de l’Ontario. Les recommandations formulées dans cette étude doivent être immédiatement mises en œuvre; toute nouvelle inaction risquerait d’entraîner des pertes humaines qui pourraient être évitées.